
Lomé, 24 juil. (ATOP) – La Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) a apporté des éclaircissements sur le problème de « badge media » intervenue lors des évala, au cours d’une séance d’échanges avec les organisations de presse, le vendredi 24 juillet à Lomé.
Cette rencontre est organisée en collaboration avec le ministère de la Communication et des médias. Elle fait suite aux communiqués de certaines organisations de presse dénonçant la délivrance de badges média aux acteurs chargés de couvrir les luttes traditionnelles Evala édition 2026. La séance d’échanges avec la presse a permis d’apporter des éclaircissements sur la délivrance de badges lors des évènements culturels, institutionnels, politiques ou sportifs.
La HARC et le ministère soulignent qu’ils ne sont associés en aucun cas à l’établissement ou à l’attribution de ces badges, précisant que cette action reste une initiative du comité d’organisation. L’institution de régulation rappelle qu’elle est chargée de délivrer les badges presses uniquement aux journalistes détenteurs de la carte de presse pour des évènements à caractère national. Pour les évènements à caractère régional ou préfectoral, indique la HARC, le soin est laissé aux organisateurs.
Sur la question de la régulation de la communication numérique, la HARC et le ministère s’accordent pour dire que les nouveaux médias demeurent incontournables et il urge pour les médias classiques de s’y adapter afin de survivre. Ils soutiennent que la mise en place d’une ligne de conduite et le recensement de créateurs de contenus surtout lors de grands évènements sont nécessaires pour permettre de mettre de l’ordre dans le métier de la communication et du journalisme.
Le conseiller en communication du ministre de la Communication, Antoine Afanou a indiqué qu’avec l’évolution fulgurante des Technologies de l’information et de la communication (TIC) ayant engendré des opportunités et défis, il est important de prendre des mesures afin de mieux réguler le secteur. Il a indiqué qu’un processus de révisions des textes régissant le secteur est en cours afin de définir le rôle de chaque acteur en intégrant surtout les métiers émergents dans le secteur.
Le président de la HARC, Télou Pitalounani a toutefois salué l’esprit de collaboration entre médias classiques et les créateurs de contenus entre autres. Il a invité les médias classiques à se réinventer en termes de traitement de l’information et d’innovation afin de s’imposer face à la concurrence des nouveaux médias. M. Télou a ajouté que l’évolution du numérique a contribué au développement de la communication surtout avec les réseaux sociaux et que l’on ne saurait ne pas associer ces créateurs de contenus dans les évènements.
Le président de l’Observateur togolais des médias (OTM), Pétchézi Fabrice a déclaré qu’avec le numérique, d’autres créateurs de contenus se sont ajoutés aux professionnels de médias et il urge d’établir des badges médias et presses lors des évènements pour plus de distinction. Il a souligné que des doléances ont été formulées à l’endroit de la HARC afin d’éviter des confusions susceptibles de nuire l’exercice de la profession de journalisme. M. Pétchézi a fait savoir que les réflexions se poursuivent afin de préserver l’ordre sur les terrains de couverture médiatiques.
Quelle différence entre un badge presse et un badge média ?
Un badge presse est un badge délivré aux journalistes, reporters professionnels et photographes sur présentation d’une carte de presse reconnue par l’Etat. Il donne généralement accès aux zones de travail dédiées (salles de presse, zones mixtes, tribunes officielles) pour couvrir un événement en toute impartialité. Quant au badge média, il est attribué aux équipes de télévision, créateurs de contenu digitaux, tiktokeurs, youtubeurs, podcasteurs ou spécialistes des relations publiques. Sa délivrance est plus flexible, car il est souvent accordé sur demande de dossier pour évaluer l’impact et l’audience du créateur ou de la plateforme. Ce badge permet souvent de capter des images ou du contenu pour alimenter les réseaux sociaux ou des plateformes numériques, sans pour autant garantir un accès prioritaire aux sources officielles ou aux espaces réservés à la presse écrite et audiovisuelle traditionnelle.
Cependant, lors des grands événements publics ou politiques, la distinction entre ces deux badges fait souvent l’objet de vifs débats, les syndicats de journalistes insistant pour préserver le caractère unique et officiel du statut de la presse professionnelle.
ATOP/BA/JK/KYA






