
Lomé, 30 oct. (ATOP) – Le colloque international consacré au thème « Juridictions régionales africaines de protection des droits de l’homme : entre garantie de l’Etat de droit, contrôle des changements constitutionnels et souveraineté des Etats » a pris fin le vendredi 30 octobre à l’Université de Lomé. La cérémonie de clôture a été dirigée par Pr Dodzi Kokoroko, président du comité d’organisation.
Les deux jours de travaux ont permis aux universitaires et spécialistes du droit de lancer un appel au renforcement du dialogue entre les juridictions nationales et communautaires afin de favoriser une meilleure articulation de leurs interventions et l’application effective des décisions de justice.
Les communications ont abordé les défis de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, la souveraineté des Etats et leur autonomie constitutionnelle. Les participants ont également évoqué la place du Togo dans cette dynamique, compte tenu de sa position géostratégique. Ils ont examiné les conditions de réception et d’exécution, au niveau national, des décisions rendues par les juridictions communautaires. Les experts ont également insisté sur la nécessité de multiplier les échanges entre les juges nationaux et régionaux, aussi bien sur le plan juridictionnel qu’institutionnel, pour éviter les incompréhensions et faciliter l’application des décisions.

Le président du comité d’organisation, Pr Dodzi Kokoroko, a souligné que les juridictions nationales et communautaires ne doivent pas fonctionner de manière isolée. Selon lui, une meilleure communication entre les juges est nécessaire pour favoriser la compréhension et l’exécution de leurs décisions. Il a également évoqué la nécessité de mieux délimiter le champ d’intervention du juge communautaire et de construire une justice régionale autonome, dotée de ses propres références normatives et critères d’appréciation, dans le respect des standards internationaux en matière de droits de l’homme, de démocratie et d’Etat de droit.
L’agrégée de sciences politiques, Pr Nadine Maachiko a notamment souligné que l’exécution des décisions de justice ne dépend pas uniquement des mécanismes juridiques. Elle est également liée aux réalités politiques nationales, aux rapports de pouvoir et à l’organisation des institutions, a-t-elle expliqué. La politiste a appelé à mieux comprendre les conditions dans lesquelles les Etats reçoivent et appliquent les décisions des juridictions communautaires, tout en préservant leur autonomie constitutionnelle.
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