
Lomé, 4 juil. (ATOP) – Les entrepreneurs sont appelés à renforcer leur gouvernance, à investir dans le capital humain, à adopter une gestion financière rigoureuse et à innover pour assurer une croissance durable de leurs entreprises dans un contexte en constante évolution. C’est le principal message livré par Mossadeck Bally, fondateur du groupe hôtelier Azalaï, lors d’un panel organisé le samedi 4 juillet à Lomé, dans le cadre de la troisième édition du Di-kéti.
Intervenant sur le thème « Comment faire grandir son entreprise et la pérenniser dans un environnement africain en mutation », Mossadeck Bally s’est appuyé sur plus de quarante années d’expérience entrepreneuriale pour partager les enseignements tirés du parcours du groupe Azalaï Hotel. Fondé au Mali en 1993 avec la reprise du Grand Hôtel de Bamako, le groupe est aujourd’hui présent dans neuf pays d’Afrique de l’Ouest.
La gouvernance
Pour M. Bally, la première condition de la croissance d’une entreprise est la gouvernance. Selon lui, une entreprise ne peut durablement reposer sur son seul fondateur. A mesure qu’elle se développe, elle doit s’appuyer sur des règles de gestion claires, une organisation structurée et une répartition des responsabilités afin d’assurer sa continuité. « Une entreprise qui dépend exclusivement de son fondateur reste fragile, quelle que soit sa taille », a-t-il affirmé. Il a estimé que l’institutionnalisation de la prise de décision constitue un passage obligé pour toute organisation qui ambitionne de grandir.
Le capital humain
Le deuxième levier repose sur le capital humain. Le fondateur du groupe Azalaï Hotel a invité les dirigeants à considérer la formation des collaborateurs comme un investissement stratégique plutôt qu’une charge. Dans un contexte où les compétences évoluent rapidement sous l’effet des innovations technologiques, il a insisté sur la nécessité de renforcer en permanence les capacités des équipes. « Il n’y a de richesse que d’hommes. Former un collaborateur, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement », a-t-il souligné, rappelant qu’une entreprise qui accompagne le développement professionnel de ses employés renforce également leur fidélité et sa propre compétitivité.
La discipline financière
Abordant le troisième levier, la discipline financière, M. Bally a indiqué que le véritable défi des entreprises n’est pas uniquement l’accès aux financements, mais surtout leur capacité à gérer efficacement les ressources disponibles. Une gestion financière rigoureuse, a-t-il expliqué, renforce la crédibilité de l’entreprise et facilite par la suite l’accès aux banques et aux investisseurs.
L’innovation et la transformation numérique
Enfin, le quatrième levier est l’innovation et la transformation numérique. Face à l’essor de l’intelligence artificielle, aux mutations des habitudes de consommation et à la montée de l’économie numérique, les entreprises africaines sont appelées à adapter leurs modèles économiques pour rester compétitives. Pour l’entrepreneur malien, le plus grand danger n’est pas le changement lui-même, mais le refus de s’y adapter. « Les entreprises qui survivent ne sont pas nécessairement les plus grandes, mais celles qui savent évoluer », a-t-il déclaré, invitant les jeunes entrepreneurs à intégrer les nouvelles technologies dans leur stratégie de développement.
Au-delà de ces quatre leviers, Mossadeck Bally a relevé que la pérennité des entreprises africaines passera par leur capacité à penser leurs activités à l’échelle du continent, tout en s’adaptant aux profondes transformations économiques, technologiques et géopolitiques qui redessinent l’environnement des affaires.
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