
Lomé, 4 juil. (ATOP) – Les entrepreneurs togolais doivent bâtir des entreprises fondées sur une gouvernance solide, une vision de long terme et une capacité permanente d’adaptation pour assurer leur croissance dans un environnement en constante mutation. Ces recommandations ont été formulées lors d’un panel organisé le samedi 4 juillet à Lomé autour du thème « Comment faire grandir son entreprise et la pérenniser dans un environnement africain en mutation », dans le cadre de la troisième édition du « Di-kéti ».
Les échanges ont été animés par Stanislas Zézé, Président-directeur général (PDG) de Bloomfield Investment Corporation, l’une des principales agences de notation financière du continent, et Mossadeck Bally, fondateur du groupe hôtelier Azalaï, référence de l’hôtellerie africaine.
Les panélistes ont souligné que la croissance durable d’une entreprise repose désormais sur sa capacité à innover, à anticiper les évolutions du marché et à adopter une gouvernance adaptée aux nouvelles réalités économiques. Les experts ont enfin exhorté les entrepreneurs africains à considérer l’Afrique comme un marché d’avenir, à tirer parti des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et à construire des entreprises capables de créer durablement de la valeur, des emplois et de la richesse au service du développement du continent. Les participants ont été encouragés à développer des partenariats stratégiques, à investir dans le capital humain et à tirer parti des outils numériques pour améliorer leur compétitivité.

Stanislas Zézé a fait savoir que de nombreuses entreprises africaines disparaissent non pas faute d’opportunités, mais en raison d’une organisation insuffisante et d’un manque de préparation. Il a souligné que la formalisation renforce la crédibilité des promoteurs et facilite leur accès aux dispositifs publics d’accompagnement et aux financements. « Il y a une différence entre avoir un projet et avoir une entreprise. Tant que vous n’êtes pas formalisé, ce n’est pas une entreprise, c’est une activité. Créer une entreprise, cela se pense, cela se réfléchit et cela se prépare. Il faut créer des entrepreneurs avant de créer des entreprises. Se formaliser, c’est déjà être pris au sérieux. La formalisation vous protège et vous permet d’accéder aux dispositifs d’accompagnement. L’organisation et la structuration déterminent la probabilité de réussite d’une entreprise », a insisté M. Zézé.
Abordant la problématique du financement, le PDG de Bloomfield Investment Corporation a expliqué que les difficultés d’accès au crédit sont souvent liées au niveau de préparation des entreprises : « Les banques financent, mais elles financent les entreprises organisées et structurées. Aujourd’hui, il faut arrêter de dire que les banques ne financent pas ; elles financent, mais pas les entreprises qui ne sont pas prêtes. Le financement n’est peut-être que 20 % du problème de l’entrepreneur. Le reste, c’est la gouvernance, la structuration et l’organisation ».
Mossadeck Bally a rappelé que le parcours entrepreneurial est marqué par des crises économiques, sanitaires et géopolitiques, qui peuvent toutefois devenir des opportunités pour les entreprises capables de s’adapter. Selon le fondateur du groupe Azalaï, la résilience est aujourd’hui une qualité indispensable pour les dirigeants d’entreprise confrontés à un environnement en constante évolution. Il a exhorté les dirigeants à investir dans la formation et le développement des compétences de leurs collaborateurs afin de renforcer leur compétitivité.
M. Bally a insisté sur la nécessité de bâtir des entreprises capables de survivre à leur fondateur grâce à une gouvernance solide et à des systèmes de gestion pérennes. « La véritable réussite d’un entrepreneur, c’est de créer une entreprise, de la faire grandir, puis de partir à la retraite en sachant qu’elle continue d’exister. Le véritable succès d’un entrepreneur, c’est de mettre en place un système qui permet à son entreprise de survivre à son départ », a-t-il affirmé.
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