
Les bénéficiaires du programme de réparation du Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) ont exprimé leur grande satisfaction aux actions de réparations communautaires et individuelles ainsi que la prise en charge des orphelins par cette institution. Ce satisfécit des bénéficiaires est estimé à plus de 98% d’après le président de l’Association internationale des médecins pour la promotion de l’éducation et la santé en Afrique (AIMES-AFRIQUE), Dr Kodom Michel et un sondage documenté par une équipe des journalistes sous la conduite du HCRRUN dans le cadre du bilan des dix ans d’activités de cette institution.
Réparations communautaires

Afin de permettre à la population d’oublier le passé douloureux et de construire un avenir sur de nouvelles bases, des infrastructures ont été construites par le HCRRUN dans certaines communautés.
A Barkoissi, un forage a été construit à la communauté de l’Oti afin de nouer de nouvelles relations en partageant l’eau de vie. Le maire sortant de l’Oti 2, Mme Landani Yentroulengue a laissé entendre que le forage a été une occasion de réconcilier la population : « Ce forage a servi à toute la communauté d’oublier le passé et l’on peut remarquer le fruit de la réconciliation visé par HCRRUN ».
A Sotouboua, une école primaire publique a été construite à Pouwèdéou par le HCRRUN dans le cadre des réparations communautaires. Le directeur de l’école, Potcho Palabassi a exprimé sa gratitude au HCRRUN : « La construction de cette école a permis aux parents de scolariser leurs enfants. Nous disons un sincère merci au HCRRUN. Toute la population de Pouwèdéou est fière de toutes les actions du HCRRUN ».
A Blitta, un centre médicosocial a été construit à Niki-Niki. Ce centre a permis à la population, particulièrement aux femmes d’accoucher facilement sans parcourir de grande distance. Mme Pozi Mèhèza, accoucheuse auxiliaire d’Etat a exprimé sa gratitude au HCRRUN : « Le centre médicosocial a aidé les femmes qui allaient à Yalèmbè et traversaient une rivière pour leur accouchement. HCRRUN a allégé les peines de la population par la construction d’un pont et un centre de santé ainsi qu’un forage. Nous remercions HCRRUN pour toutes ces infrastructures ».
A Kpélé, le HCRRUN a mis en place deux infrastructures pour les réparations communautaires à savoir une école primaire à Médjé et un centre de retrouvaille en construction à Bodjé. Le directeur de l’école, Pokodiè Aklasso a exprimé sa reconnaissance au HCRRUN : « Le vivre ensemble a commencé à travers cette école et c’est l’amélioration de Medjé. Les enfants n’allaient pas à l’école à cause des distances qui les séparent. Toute la population est fière de cette école. Nous remercions la présidente du HCRRUN pour ce grand joyau ».
Réparations mémorielles
Outre les réparations communautaires, le HCRRUN a réalisé des réparations mémorielles qui consistent à rendre hommage aux grandes figures et aux personnalités ayant marqué l’histoire du pays. C’est le cas de la construction du caveau de feu président Kleber Dadjo, à Siou dans la préfecture de Doufelgou. A l’intérieur du caveau, sera logé le sépulcre de Kleber Dadjo en construction. On y trouve également des appartements et une chapelle catholique.
Prise en charge des orphelins
Le HCRRUN n’a pas oublié les enfants de tous ceux qui ont été victimes des évènements de 2005. A Dapaong, Mlle Waldja Gadjiman, âgée de 25 ans est aujourd’hui maitresse tisserande. Sa formation et l’achat de matériel de travail ont été prise en charge par le HCRRUN. En activité avec un sourire, Mlle Waldja a dit qu’elle arrive à subvenir à ses besoins grâce au HCRRUN : « J’ai fini ma formation il y a un an grâce au HCRRUN. J’ai déjà une apprentie qui tisse avec moi dans mon atelier ».
A Tsevié, Mlle Logo Divine Abigaël, 17 ans en classe de Terminale et sa petite sœur Logo Afi Prudence, 14 ans classe de Troisième, évoluent en toute sérénité dans leurs études. Elles ont été prises en charge par le HCRRUN. Abigaël, toute joyeuse, promet la réussite à leur examen : « Nous sommes très heureuses d’être prise en charge par le HCRRUN. Nous promettons la réussite au HCRRUN dans nos différents examens. Nous remercions la présidente du HCRRUN et le Président du Conseil pour avoir pensé à nous ».
Outre les réparations collectives, des réparations individuelles ont été aussi réalisées.
Les réparations individuelles
Dans la région des Savanes, la satisfaction des bénéficiaires a été remarquable
A Cinkassé, les bénéficiaires se sont prononcés. Entre autres, Mme Lamboni Minkiboatib, un cinquantenaire, indemnisée l’année dernière pour les réparations familiales se réjouit d’avoir récupéré la maison de son mari grâce au fonds du HCRRUN : « L’argent d’indemnisation m’a permis de faire les papiers de la maison de mon mari défunt. Si non les propriétaires allaient retirer ce terrain. Avec ces fonds, j’ai mis un de mes enfants en apprentissage et j’ai pris le reste pour mes activités génératrices de revenus. Je suis très joyeuse et je remercie le HCRRUN qui a soulagé mes peines ».
A Dapaong, le jeune Dawabe Yempabe, l’un des ayants droit dont le père avait été victime d’un bœuf volé s’est dit satisfait pour cette réparation : « Les fonds du HCRRUN, nous ont permis d’acheter un bœuf et le reste de l’argent a été partagé à toute la famille. Personne ne s’attendait à ces fonds qui ont semé la joie dans la famille ».
A Tandjouaré, l’un des bénéficiaires, M. Djark Fantongue, la soixantaine, indemnisé en 2020 a déclaré avoir été chassé de la fosse aux lions dans les années 1980. Il s’est réjoui de la réalisation avec les fonds du HCRRUN : « J’ai acheté les bœufs et la charrue pour le labour. J’ai aussi scolarisé mes enfants avec ce fonds et aujourd’hui l’un de mes enfants a gagné un boulot. Le taux de ma satisfaction est à plus de 100% pour ces réparations ».
Dans la région de la Kara, les bénéficiaires ont exprimé leur reconnaissance au HCRRUN
A Kara ville, l’une des bénéficiaires, Mme Awadé Ama Véronique, a remercié le HCRRUN pour la prise en charge de son enfant Pignan Essossina, soufrant de trouble psychologique. Cette dame s’est dit satisfaite de l’amélioration sanitaire de son enfant : « 50% de mon salaire était pour la santé de mon enfant. Je partais à la retraite en 2022 aussitôt le HCRRUN est venu au secours en prenant en charge les soins de mon enfant. Sa santé va mieux et il est aujourd’hui en apprentissage ».
A Guérin-Kouka, MM. Yamba Adam et Soroko Bila ont exprimé leur reconnaissance au HCRRUN pour les réparations liées aux affrontements intervenus entre les Kokomba et les Mossis dans les années 1990. M. Soroko s’est dit satisfait des bonnes relations qui existent aujourd’hui entre les deux peuples : « Nous sommes très heureux des actions du HCRRUN pour la réconciliation entre les Konkomba et les Mossis. Aujourd’hui, on se marie entre les Mossis et les KonKomba, donc de très bonnes relations existent entre nous ». M. Yamba, à 79 ans, s’est dit satisfait de se faire soigner et d’aménager sa maison.
Dans la région centrale, la joie des bénéficiaires a été aussi ressentie.
A Sokodé, Alassani Kidaou, la cinquantaine, indemnisé pour avoir été victime d’un accident lors des troubles de 2005, s’est réjoui de ses réalisations : « J’avais un terrain et les fonds d’indemnisation m’ont permis de faire la construction. Grâce aux fonds du HCRRUN, je suis aujourd’hui chez moi ».
A Blitta, Ayidi Balouki, indemnisé pour avoir été licencié abusivement de l’ex Office des produits agricoles du Togo (OPAT) a exprimé sa gratitude au HCRRUN : « ma joie est tellement grande que je ne sais comment l’exprimer. Nos tentatives d’indemnisation de l’OPAT ont été veines mais grâce aux fonds de HCRRUN je suis aujourd’hui dans ma maison ».
Dans la région des Plateaux, les bénéficiaires ont aussi témoigné leur gratitude au HCRRUN
A Atakpamé, M. Zagaba Ali, indemenisé pour les réparations de licenciement abusif de l’ex Société togolaise de coton (SOTOCO) a témoigné sa reconnaissance au HCRRUN : « les fonds de HCRRUN m’ont permis de faire les WC et douche de ma maison. Ces fonds m’ont permis aussi de faire voyager mon enfant en Turquie ».
A Amou oblo tout comme à Badou, Mmes Pitabi Hellène et Soliguè Lelenda se sont respectivement dit satisfaites d’avoir mis les fonds du HCRRUN dans le commerce. Pour Mme Pitabi, ces fonds ont servi d’agrandir son atelier de coiffure : « avec ces fonds j’ai acheté le matériel de coiffure. Les moyens me faisaient défaut mais c’est grâce à HCRRUN que j’ai pu le faire et je suis très fière aujourd’hui ». De même, Mme Soliguè a exprimé sa gratitude au HCRRUN : « ces fonds m’ont permis de me lancer dans les activités génératrices de revenus et c’est grâce à HCRRUN ».
A Danyi, l’un des bénéficiaires, M. Amedzronou Kossi s’est réjoui d’avoir créé une ferme agricole avec les fonds du HCRRUN : « c’est avec les fonds du HCRRUN que j’ai pu créer cette ferme. Je fais l’élevage, j’ai un champ de bananes et d’avocat. J’ai fait aussi le jardin de piment et de chou ».
Dans la région Maritime la joie des bénéficiaires a été grande : A Agoè Logopé, Nabéyo Codjo, la soixantaine, licencié abusivement de l’ex société de sidérurgie lors des troubles de 1990, a exprimé sa joie d’avoir reçu l’argent du HCRRUN pour les réparations de licenciement. Il s’est réjoui de ses réalisations : « j’ai fait le forage avec l’argent reçu du HCRRUN. Je dis un sincère merci à HCRRUN de m’avoir donné la vie car l’eau c’est la vie ».
A Agbanakin dans les Lacs, M. Kpadé Jean Baptiste, la cinquantaine a témoigné sa gratitude au HCRRUN pour l’argent reçu qui lui a permis de faire l’élevage : « j’ai acheté les porcs, les chèvres et les poules pour l’élevage avec l’argent du HCRRUN. Je remercie toutes les autorités qui ont pensé à nous les victimes des évènements de 2005 ».

Cette satisfaction des bénéficiaires a été rendue possible grâce à la volonté de la plus haute autorité du Togo, Faure Gnassingbé sous la conduite de la présidente du HCRRUN, Mme Awa Nana-Daboya pour la restauration de confiance entre les Togolais. Pour elle, les 10 ans ne sont qu’à mi-parcours des activités du HCRRUN : « L’avenir est encore devant, nous devons œuvrer à garder la confiance retrouvée entre les Togolais ». L’éducation à la paix et à la citoyenneté, l’impunité et la non-répétition ainsi que le vivre ensemble sont quelques perspectives d’avenir du HCRRUN.
Des personnes de bonne volonté, notamment des psychologues et des personnes ressources ainsi que le personnel du HCRRUN ont été mobilisées en vue d’écouter les victimes et de faire leur suivi. Des partenaires, notamment AIMES-Afrique ont été associés à ces réparations pour la prise en charge psycho-médicale. Afin d’éviter de nouveaux conflits entre les victimes, des Comités locaux de paix (CLP) ont été associés pour accompagner les bénéficiaires dans ce processus de réparations.
Moïse Gnimata






