
Lomé, 12 mai (ATOP) – Les travaux d’un atelier régional de capitalisation, d’apprentissage et de partage d’expériences sur l’Éducation en situation d’urgence (ESU) et l’Éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD) ont démarré, le mardi 12 mai à Lomé.
Cette rencontre de quatre jours est à l’initiative de la Coalition nationale togolaise pour l’Education pour tous (CNT/EPT), en collaboration avec l’Unité régionale de gestion du programme « Éducation à voix haute » (EOL). Elle regroupe vingt-huit (28) délégués issus de coalitions nationales et d’organisations de la société civile de dix pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la France, la Guinée, le Madagascar, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
L’objectif est de renforcer l’apprentissage collectif et de capitaliser les acquis du « collaboratif ESU » afin d’orienter les actions futures du programme EOL. Il s’agit spécifiquement d’évaluer la phase 2 dudit programme, d’explorer les liens intrinsèques entre les crises (conflits, déplacements) et les enjeux climatiques, et de définir les priorités pour les douze prochains mois.
L’ambition est de transformer les systèmes éducatifs pour qu’ils ne soient plus simplement réactifs face aux crises, mais proactifs et résilients. Les participants plancheront sur l’actualisation des normes minimales d’éducation, l’analyse des plans sectoriels sous l’angle climatique et la maîtrise des techniques de plaidoyer stratégique.
Le vice-doyen de l’Inspection générale de l’éducation (IGE), Agbozoh Koffi Sena, représentant son ministre de tutelle, a souligné que la diminution des financements internationaux, couplée aux crises sécuritaires et climatiques, menace la qualité de l’apprentissage. « Ces réalités exigent de nous une meilleure coordination et un alignement renforcé sur les priorités nationales pour garantir une éducation inclusive et équitable », a-t-il déclaré. Il a exhorté les délégués à formuler une feuille de route claire pour protéger le parcours scolaire des enfants les plus vulnérables.
Le président du conseil d’administration de la CNT/EPT, Assogba Kodjovi, a dressé un diagnostic des défis actuels, citant la raréfaction des ressources et l’impact du changement climatique. Il a salué la dynamique du programme « Éducation à Voix Haute », mis en œuvre par Oxfam, qui soutient la société civile dans sa mission de veille et de proposition.
La conseillère régionale du programme EOL en Afrique de l’Ouest et Centrale, Mme Asmara Figue, représentante d’Oxfam Danemark, a qualifié la situation de « particulièrement alarmante » dans la zone sahélienne. Elle a précisé que les fermetures d’écoles dues aux conflits armés ont été multipliées par quatre en cinq ans au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Mme Figue a déploré la stagnation des budgets alloués à l’éducation humanitaire alors que les besoins explosent. Elle a appelé les décideurs à une augmentation des investissements pour éviter que près d’un quart de milliard d’enfants touchés par les crises ne soient laissés pour compte.
L’ESU regroupe l’ensemble des actions permettant d’assurer la continuité pédagogique (classes temporaires, cours à distance) pour les populations frappées par des conflits ou des catastrophes naturelles.
ATOP/SED/HKM/KYA






