
Kara, 16 juil. (ATOP) – Pour entrer dans les arènes de luttes, les Evala sont classés dans les différents rangs sur la base de l’endurance et de la maîtrise des bonnes techniques de lutte et non en fonction de leur ancienneté dans l’initiation. Cependant un Evalou (Singulier de Evala) de la première année, quels que soient ses atouts, a l’obligation de respecter son devancier dans l’initiation.
Le classement indépendant de l’ancienneté
Selon l’encadreur de lutte, Talboukoung Bamazi, un Evalou de la première année, qui montre lors des entrainements qu’il est très endurant et très technique, peut lutter en premier rang. « Cet Evalou peut même conserver durant les trois années de lutte son classement de rang aussi longtemps qu’il possède ses atouts », a-t-il affirmé.
Le jeune initié, pourtant bien classé dans les rangs, sait qu’il doit le respect à ses devanciers. « Le jeune Evalou va lutter en premier rang certes, mais il sait que quand il est arrivé sur les lieux de cérémonie (awé), qu’il a retrouvé telle et telle personne qui a été initiée avant lui, donc il ne va tout de suite négliger la présence de ces aînés. Il leur doit du respect, c’est donc l’autodiscipline d’abord et la discipline collective qui règnent dans les arènes de lutte », a expliqué M. Talboukoung.
La part du lion aux aînés
Le respect des aînés se manifeste dans la vie courante, notamment lors du partage d’un gâteau. « S’il y a un gâteau à partager, vous allez entendre « madaou », c’est-à-dire classe mais il va ajouter « madaou kpadaou soussowou » cela veut dire qu’on a fait Kondona (le quinquennat) ensemble mais je sais que tu me dépasses, c’est pourquoi tu dois choisir avant moi puisque tu as eu une expérience deux ou trois ans avant que je n’arrive sur les lieux de cérémonie », a révélé M. Talboukoung.
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