
Kara, 25 juil. (ATOP) – Les luttes traditionnelles « Evala » en pays kabyè marquant l’initiation des jeunes garçons de 18 ans (Evalou) ont des spécificités selon le canton dans lequel elles sont pratiquées. A Yadè, les luttes sont marquées par le respect de l’équité. En quoi consiste-t-elle ? L’encadreur des Evala, Walla Essodjolo Fabrice donne des détails à l’envoyé de l’Agence togolaise de presse (ATOP).
L’équité, une règle essentielle
Selon l’encadreur, contrairement à certains cantons où les Evala luttent ensemble sans distinction de leur niveau d’initiation ou des forces en présence dans les différents rangs, à Yadè, ce n’est pas le cas. « Dans notre canton, les Evala de troisième, deuxième ou première année et leurs petits frères sortent dans cet ordre pour lutter entre eux. Jamais vous ne verrez des Evala de troisième année affronter ceux de rangs inférieurs et vice-versa, ce n’est pas autorisé », explique-t-il. M. Walla a souligné que cette équité s’observe même au niveau des différents rangs. « Lorsque les Evala de 3è année ou des autres années inférieures sortent dans les différents rangs pour se mesurer, vous les verrez obligatoirement lever un, deux, trois ou quatre doigts pour signifier à leurs adversaires leur classement dans leur rang. Cela permet aux Evala de s’identifier pour s’affronter selon le niveau de leurs forces qui décroit de un à quatre.
D’après l’intervenant, l’autre particularité des luttes à Yadè, c’est que ce sont encore des Evala de la 3è année qui clôturent les hostilités après les avoir ouvertes. « Les empoignades ont lieu, cette fois-ci, uniquement entre les premiers et deuxièmes meilleurs lutteurs des deux camps. Les différents croisements permettent alors de dégager les deux meilleurs lutteurs qui vont représenter le canton à la compétition préfectorale de lutte dotée d’une supercoupe », relate-t-il. M. Walla a ajouté que le premier lutteur ayant réussi à terrasser son adversaire devient le champion de lutte tout en donnant la victoire décisive à son camp. « Dans notre canton, la tradition de l’époque demeure toujours. Les supporters du camp du côté duquel provient la première victoire de clôture des luttes envahissent le terrain pour célébrer leur champion et manifester bruyamment leur joie »
Le respect des aînés avant tout
L’encadreur explique l’instauration de ces règlements des luttes à Yadè, par l’obligation de traduire dans les faits le respect des aînés. « Chez nous, il est inconcevable qu’un Evalou de 3è année affronte son petit frère ou que ce dernier étant très fort veut se mesurer à son grand frère. C’est inadmissible parce que notre canton ne déroge pas à la règle en matière de droit d’aînesse. Il faut le respect avant tout, c’est pour cela que les Evala de même promotion doivent lutter uniquement entre eux. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres cantons », développe-t-il.
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