
Lomé, 28 mai (ATOP) – L’Église célèbre le jeudi 29 mai la fête de l’Ascension, une solennité chrétienne marquant l’élévation de Jésus Christ au ciel, quarante jours après sa résurrection. Une célébration riche de sens, à la fois spirituelle et existentielle, pour les croyants.
L’Ascension constitue l’un des événements majeurs du calendrier liturgique chrétien. Elle rappelle, selon les Évangiles, la dernière rencontre du Christ ressuscité avec ses disciples, avant sa montée au ciel. À cette occasion, Jésus leur promet l’envoi de l’Esprit saint, qui les accompagnera dans leur mission d’évangélisation.
« Le mot Ascension vient du latin ascendere, qui signifie monter, s’élever », explique le Révérend Père Raymond-Justin Ayivi, prêtre à la paroisse Marie Théotokos d’Agoè Nyivé. « Jésus, après avoir affronté l’épreuve de la mort, retourne auprès du Père, marquant ainsi la fin de sa présence physique sur terre et le début d’une présence spirituelle à travers l’Esprit Saint », précise-t-il.
Une fête ancienne, une portée contemporaine
Instaurée dès le IVe siècle, la fête de l’Ascension était à l’origine célébrée à Jérusalem à travers des processions solennelles. Elle est devenue un jour férié en France à la suite du concordat de 1801, et reste fixée, dans le calendrier chrétien, au quarantième jour après Pâques, toujours un jeudi.
Lors de cette journée, les fidèles participent à des célébrations eucharistiques, marquées par la liturgie en blanc, couleur de lumière et de joie. L’Ascension prépare également les esprits à la Pentecôte, célébrée dix jours plus tard, moment où l’Esprit Saint promis descend sur les apôtres.
Un message d’espérance et de responsabilité
Au-delà de sa portée doctrinale, l’Ascension véhicule un message d’espérance : elle rappelle que la destinée du chrétien est d’aller à la rencontre de Dieu. Mais de quel « ciel » s’agit-il ?
À cette question, le Révérend Ayivi répond avec lucidité : « Il ne s’agit pas du ciel physique que traversent les astronautes. Le véritable ciel, c’est celui de l’amour, de la paix, de la justice et du pardon. C’est là que Dieu habite : au cœur de l’humanité qui s’ouvre à lui. »
Cette fête invite donc les chrétiens à ne pas rester les yeux fixés vers le ciel, mais à agir ici-bas, à vivre leur foi dans la charité et l’engagement. « L’Ascension est la conséquence de l’abaissement du Christ. Parce qu’il s’est humilié, Dieu l’a exalté », cite le prêtre, en référence à la lettre de saint Paul aux Philippiens (2,8-10).
Une interpellation actuelle
La montée du Christ ne signifie pas une absence, mais une autre forme de présence. Elle appelle chaque croyant à devenir témoin du Christ dans son quotidien, à faire rayonner sa foi par des actes de solidarité, de justice et de réconciliation.
« Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? », demande l’ange aux disciples dans le Livre des Actes. Une question plus que jamais actuelle, qui pousse les croyants à ne pas s’enfermer dans une spiritualité passive, mais à devenir acteurs d’un monde plus humain, reflet du « ciel » véritable : celui que l’on construit ici, chaque fois que l’amour triomphe.
ATOP/IS/AJA






