
Lomé, 12 sept. (ATOP) – le ministère en charge des Affaires étrangères a organisé le lundi 11 septembre à Lomé, une conférence inaugurale à l’occasion de la rentrée diplomatique 2023-2024 sous le thème : « Les transitions démocratiques en Afrique, entre rêves et réalités ».


Le thème de la conférence est choisi et est présenté par Me. Joseph Kokou Koffigoh, ancien premier ministre du Togo de 1991 à 1994, une époque où le Togo était en pleine transition démocratique.
La démocratisation d’un pays revient à poser deux questions selon l’exposant : « comment et pourquoi les pays se démocratisent-ils? » et « quels sont les facteurs permettant à la démocratie comme régime-type de durer plus ou moins longtemps ? »
Partant de ses expériences, Me Joseph Kokou Koffigoh a relevé d’abord, les fondements fragiles d’une démocratisation des pays africaines avant d’évoquer les coups d’Etat des années 60 qui ont ébranlé toute l’Afrique avec une instauration de régime du parti unique dont la conséquence est la formation des oppositions clandestines conduisant à une conférence des forces vives ou conférence nationale souveraine. Il a ensuite présenté sa vision des transitions démocratiques en Afrique qui sont à la fois des occasions d’espoirs, d’incertitudes et parfois de désespoirs. « La réalité des transitions politiques ne sont pas toujours des occasions faciles où les espoirs deviennent des réalités », a fait valoir Me Koffigoh.
Le conférencier a enfin formulé des recommandations relatives à la conduite des transitions politiques. Ces transitions, selon lui, doivent être inclusives, pacifiques et orientées vers la restauration de l’ordre constitutionnel à travers des élections libres et transparentes d’une part. L’orateur a souligné que la conduite et l’accompagnement des transitions politiques demandent plus de réalisme, de pragmatisme et d’approches contextualisées et adaptées à la situation pratique de chaque processus de transition politique. D’autre part, il a invité les organisations régionales et internationale à sortir des sentiers battus et des positions purement normatives afin de se mettre en capacité de mieux accompagner les transitions politiques en cours sur le continent, notamment en Afrique de l’Ouest. La communauté internationale doit privilégier les voies et les mécanismes diplomatiques dans leurs relations avec les régimes de transition au détriment des approches belligérantes estime – t – il. Il a exhorté les pays africains à éviter la guerre entre la CEDEAO et quelques Etats membres, même s’ils ont porté entorse aux droits fondamentaux connus.
Un débat bien nourri a suivi la présentation amenant les participants à se mettre d’accords pour une nouvelle vision de la gouvernance en Afrique.
A l’entame de la conférence, le ministre Prof Dussey. a indiqué que le continent africain est sous le feu de l’actualité mondiale, c’est pourquoi le président de la République, Faure Gnassingbé a trouvé ce thème assez édifiant pour réaffirmer les engagements au service d’une communauté pacifique, stable, uni et forte. Il a décliné les objectifs de ce rendez-vous annuel et a rappelé les orientations stratégiques de la diplomatie togolaise entre autres, à l’engagement au service d’une communauté ouest-africaine pacifique, d’une Afrique moins vulnérable aux chocs, stable, forte et audible sur la scène internationale et pour un monde plus juste et équitable. Il a relevé que le retour de l’Afrique sur la scène internationale ne sera à l’avantage du continent que si l’Afrique est maître de ses propres agendas.
La cérémonie a été aussi l’occasion pour le ministre Dussey de rappeler les principaux évènements qui seront à l’agenda diplomatique du Togo au cours de l’année diplomatique 2023-2024. On note la tenue, les 21 et 22 octobre prochains, de la première édition de “Lomé Peace and Security Forum” et l’organisation du 9e Congrès Panafricain au second semestre de l’année 2024. Le Togo ne peut abandonner les pays en crise, en guerre et en transition politique, lesquels constituent des incertitudes majeures et les efforts de médiation et de facilitation à l’échelle de la région et du continent seront renforcés tout au long de l’année. La diplomatie togolaise valorise l’expertise africaine dans la recherche de solutions aux problèmes africains et c’est la meilleure façon pour l’Afrique de limiter les ingérences extérieures qui ont contribué ces dernières années à attiser les foyers de tensions et à mettre le continent en difficulté. « Ce thème nous interpelle sur les questions de devenir des transitions politiques en Afrique. Quelles sont les promesses non tenues dans les transitions démocratiques africaines ? Avons-nous peut-être sous estimé les incertitudes propres à toute transition ? » a conclu Robert Dussey.
La rentrée diplomatique est l’occasion annuelle pour le gouvernement togolais de rappeler les grandes lignes de l’action publique extérieure du Togo qui joue sa partition et apporte, dans la mesure ses capacités, sa contribution au service des efforts visant à améliorer l’état du monde ou le bâtir en mieux, pour la prospérité de chacun des États et de l’ensemble de la société internationale, confrontée à des mutations inédites et à des défis aussi inquiétants que pressants.
Des personnalités du monde diplomatique et consulaire, politiques et des universitaires, des acteurs de la justice, la société civile et le personnel diplomatique du ministère des affaires étrangères, de l’intégration régionale et des Togolais de l’extérieur ont pris part à la conférence. ATOP/SED/GKM






