
Le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) est une institution publique créée par le gouvernement togolais pour faciliter l’accès aux services financiers des personnes exclues du système bancaire classique, en particulier les populations à faibles revenus, les jeunes, les femmes, les artisans, les agriculteurs, entre autres. Sa mission d’inclusion financière lui a permis d’obtenir des résultats jugés encourageants et des perspectives ambitieuses. Dans une interview accordée à la rédaction de l’Agence togolaise de presse (ATOP), le directeur général, N’Dassim Songai, est revenu sur le parcours, les performances et les ambitions de l’institution.
Le fonds et son évolution
« Le FNFI a été créé en décembre 2013 et lancé officiellement en 2014, à ses débuts, l’institution a mis en place un premier produit. C’était le produit Accès des pauvres aux services financiers (APSEF) qui a été lancé en 2014. Par la suite, l’offre s’est élargie, deux autres produits ont suivi en 2015 et 2016 : l’Accès des jeunes aux services financiers (AJSEF) et le produit Accès des agriculteurs aux services financiers (AGRISEF). » rappelle le directeur. Aujourd’hui, le FNFI dispose d’une gamme plus étoffée. Il s’agit de plus de 13 produits financiers qui sont essentiellement des produits de crédits destinés à la population.
Le directeur distingue deux générations de produits : « Il y a des produits de première génération qui sont AGRISEF, AJSEF, APSEF et même le Produit d’accompagnement à la formalisation (PAF), et il y a les produits de seconde génération que nous faisons essentiellement avec les banques. »
Des résultats significatifs
L’ambition du FNFI va au-delà de l’octroi de crédits. « Il s’agit pour le FNFI de conduire ses bénéficiaires du secteur informel qui exercent des activités génératrices de revenus avec les produits de première génération vers le secteur formel qui est celui des Très petites, petites et moyennes entreprises. Nos bénéficiaires ont quitté le secteur de la microfinance vers le secteur de la banque et donc du secteur informel vers le secteur formel. », a-t-il déclaré.
Sur le plan des performances, le directeur se félicite des résultats enregistrés : « Aujourd’hui, avec tous ces produits, le FNFI est arrivé à octroyer plus de 1 900 000 crédits pour un volume global de plus de 117 milliards de F CFA. Un autre indicateur témoigne de la solidité du dispositif : Avec un taux de remboursement à la fin de l’année qui tourne autour de 94,98 % ».
Des perspectives axées sur l’élargissement et la digitalisation
En matière de perspectives, le FNFI entend consolider ses acquis. Il s’agit d’accompagner les bénéficiaires dans le processus. Il est question ici pour le fonds de consolider les acquis en matière d’inclusion financière et de renforcer et d’approfondir l’inclusion financière autour de la population.
Selon le directeur, depuis 2022, le cadre d’intervention a évolué : « le décret qui a été repris pour FNFI a élargi la cible à toute la population, ce n’est plus seulement la population vulnérable, mais pour toute la population.
Parmi les priorités, figure la digitalisation : « Il s’agit également pour nous de finaliser notre processus de digitalisation des produits financiers. Il faut à tout prix accélérer l’inclusion financière des populations, surtout celles qui sont dans des zones éloignées et difficiles d’accès. Le FNFI entend aussi « augmenter la couverture géographique de nos produits » et « finaliser le diagnostic des performances pour avoir une évaluation objective, identifier les défis et les axes d’amélioration afin d’ajuster les interventions futures », a ajouté M. N’Dassim.
Des montants adaptés aux besoins
Les montants des financements varient selon les produits. Le directeur a relevé qu’en termes d’accompagnement, ça varie aujourd’hui entre 30 000 et 100 000 000. Le produit APSEF qui comporte 4 cycles, varie de 30 000 à 60 000 pour les 4 cycles au bout de deux ans. Les 4 cycles durent six mois. Il y a le produit AGRISEF, c’est 100 000 à 150 000 F CFA, deux cycles d’un an chacun. Le produit AJSEF aussi, de 200 000 à 300 000 F CFA, dure aussi plus d’une période de deux ans. Le produit avec le système bancaire peut aller même jusqu’à cinq ans, parce qu’aujourd’hui, les produits sont aussi financés à moyen terme. Le produit N’kodédé est le produit phare aujourd’hui. Il concerne les bénéficiaires en termes de cycles des produits de première génération. Seuls ceux qui ont bénéficié des produits de première génération et qui ont bien remboursé, ont le droit d’aller à N’kodédé avec le système bancaire. Avec N’kodédé, le premier cycle est de 5 millions maximum, le deuxième à 10 millions maximum, le troisième à 50 millions maximum et les 100 000 000 F CFA c’est dans un proche avenir.
Réalisée par Diane Minlekib






