
Des cas d’incivisme sont encore observés au Togo surtout dans la capitale malgré les efforts du gouvernement pour mettre fin à cette situation. Le chef division chargée des relations avec les médias à la direction de la Formation civique, Agano Koffi Mélagbé revient, dans cette interview accordée à l’Agence togolaise de presse (ATOP) sur les causes et insiste sur la nécessité de mettre davantage, l’accent sur la vulgarisation des textes et des lois qui encadrent le vécu quotidien.
Que peut-on comprendre de l’incivisme ?
L’incivisme est la négation du civisme, c’est le refus d’être dévoué, d’être attaché à sa communauté nationale, de respecter les lois et les institutions de la République. Cette négation amène le citoyen à ne plus agir dans l’intérêt de sa collectivité.
Quels actes peut-on qualifier d’inciviques ?
Le non-respect des institutions de la République, le manque d’amour pour sa patrie, le rejet des valeurs culturelles, la dégradation des biens publics et privés, jeter les ordures sur les espaces publics, la pollution de l’environnement sont, entre autres, des actes inciviques. Le refus de participer aux affaires publiques, la violence sous toutes ses formes, l’intolérance sont aussi des comportements inciviques. Le non-respect du code de la route qui, pour la plupart du temps conduit à des conséquences très graves et les nuisances sonores, font partie de l’incivisme que nous vivons au quotidien. Bref, tout ce qui ne concourt pas à la quiétude nationale, au vivre ensemble, au respect de la loi constitue des actes inciviques.
Quelles sont les causes de l’incivisme ?
Au lendemain du vent de l’Est qui a amené la démocratie dans les pays africains, sans une grande préparation, l’on a constaté une certaine dérive dans le comportement des citoyens Des crises à répétition ont engendré de profondes mutations dans la manière de penser et d’agir des populations. Les valeurs morales ont progressivement disparu des habitudes, au profit d’un certain nombre de défiances.
Certains citoyens posent des actes inciviques par ignorance parce qu’ils méconnaissent les textes, les lois et les ententes qui gouvernent la société. Il y en a qui le savent mais qui le font par négligence. D’autres le font par défiance à l’autorité due aux bases communes (éducation familiale, ou scolaire ou dans les centres d’apprentissage) ratées. Des individus qui éprouvent des problèmes personnels liés à leur vécu, ne se soucient plus des autres, de l’intérêt général. Une autre catégorie concerne ceux qui posent des actes inciviques par défiance souvent par frustration ou parce qu’ils auraient constaté une mauvaise gouvernance dans leur société.
Les mécanismes mis en place pour mettre fin aux comportements inciviques
La première est la création en 1996 d’un département ministériel chargé de la Formation civique, suivie de celle de la Direction de la formation civique (DFC) en 2001. En juin 2014, une politique nationale de formation civique et d’éducation à la citoyenneté a été adoptée.
Depuis sa création, la (DFC) organise fréquemment des sensibilisations à l’endroit des différentes couches socio-professionnelles sur des thématiques liées au respect des textes et lois de la République. Elle a élaboré des manuels didactiques d’Education civique et morale (ECM) à l’endroit des enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire et d’autres manuels traitant du civisme, de la citoyenneté numérique et environnementale ainsi que des droits et devoirs du citoyen contenus dans la Constitution.
Votre constat aujourd’hui
Il y a une légère amélioration. Quelques années avant, les gens avaient des comportements qui, vraiment, laissaient à désirer, mais avec tout ce qui a été entrepris jusqu’à présent, l’on peut dire qu’il y a eu un léger recul par rapport aux actes inciviques. Nous ne pouvons pas aujourd’hui brandir des palmes pour dire que nous avons fait reculer de manière drastique l’incivisme, dans notre pays. Aujourd’hui par exemple, le port de casque dans la circulation est respecté, du moins à Lomé, grâce à la méthode sensibilisation conscientisation et répression. Mais beaucoup de choses restent à faire surtout face à la parution de nouvelles formes d’incivisme au regard de l’avancée technologique que connait le monde.
Vos approches de solutions
La sensibilisation ne doit pas s’arrêter, elle doit être quotidienne. Les populations doivent s’impliquer également chaque jour dans la participation citoyenne. Nous faisons souvent appel à toutes les catégories socio-professionnelles, surtout aux médias qui sont nos relais parce qu’ils permettent de toucher beaucoup de personnes en un temps record. Nous devons faire ce combat ensemble, mais surtout, nous voudrions qu’on puisse mettre encore plus l’accent sur la vulgarisation des textes et des lois qui encadrent le vécu quotidien dans notre pays et qu’on arrive à appliquer la loi aux défaillants parce que ce laxisme dans l’application des textes ou des sanctions encourage les citoyens à récidiver.
Propos recueillis par Véronique Barandao et Joseph Kanda






