Lomé, 14 mars (ATOP) – La journée mondiale de l’audition observée le 3 mars a été célébrée en différée le samedi 12 mars sous le thème « Pour entendre à vie, ménageons notre audition » au centre Diabéobe, centre d’éducation thérapeutique du diabète.
Le thème mondial qui a eu pour sous-thème « Pollution sonore-affaire de tous, la santé de chacun » a été développé par Dr Kadjossou Eddy à ORL du Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio alors que Mme Halles Catherine (Embracing life, Terre sacrée ferme bio de Kati dans la préfecture de Haho) a entretenu l’auditoire sur la nécessité de manger bio pour avoir une bonne santé.
D’entrée de jeu, Dr Kadjossou a relevé que l’édition 2022 de la journée mondiale de l’audition organisée en collaboration avec l’OMS s’inscrit dans la médecine préventive qui consiste à prendre en charge une personne avant qu’elle ne tombe malade. « C’est la médecine la plus efficace et la moins chère », a-t-il souligné.
S’agissant du lien de cette célébration avec le diabète, Dr Kadjossou a indiqué que les diabétiques sont prédisposés à des problèmes auditifs puisque le diabète étant un facteur de risque difficile à éliminer, il est bien pour eux de ne pas en ajouter en collectionnant ces facteurs. Donc il faut qu’ils soient sensibilisés par rapport à tous les éléments qui sont évitables, notamment la pollution sonore pour que leur cas ne s’aggrave pas.
La pollution sonore peut apporter deux catégories de troubles, notamment les troubles auditifs et extra-auditifs. Les troubles auditifs font diminuer l’audition de façon transitoire ou irréversible. Cela dépend de la dose de la pollution sonore à laquelle on a été exposée. La dose comprend l’intensité sonore et la durée de l’exposition.
Les conséquences extra-auditives peuvent être sociales. Quand on a des zones où il y a une forte pollution sonore, par exemple les zones proches de l’aéroport, le coût du terrain peut être réduit ou les gens peuvent être moins enclin à y habiter, tout comme les gares routières et les marchés.
Sur le plan physiologique, on peut avoir des insomnies, des troubles de la vigilance, une baisse des capacités intellectuelles. Cela peut agir sur l’éducation des enfants, rendre les gens agressifs, être source d’une hypertension artérielle, plein d’autres choses voire sur le système endocrinien et le système nerveux autonome. Bref, la pollution sonore agit presque sur tous les organes.
Comme conseil Dr Kadjossou demande que chacun fasse quelque chose à son niveau en commençant par ce qui est faisable à la maison : pas d’appareil avec une sonorité élevée, initié les enfants dès le bas âge pour qu’ils grandissent avec de bonnes notions. Au niveau du quartier, il demande de ne pas faire du bruit pour déranger les voisins. « Quand on peut, on utilise le transport en commun ou bien on fait du covoiturage cela permet de réduire le nombre d’engins circulant et donc de réduire la pollution sonore et même de réduire la pollution atmosphérique », a-t-il ajouté.
L’interdiction de l’utilisation du coton tige
Dr Kadjossou rappelle qu’au niveau de l’oreille, il y a une substance qu’on appelle cérumen qui protège l’oreille à l’image des larmes qu’on a dans les yeux, de la salive dans la bouche. « On ne nettoie pas la salive dans la bouche pourquoi chercher à nettoyer le cérumen ? Quand le cérumen, une substance huileuse, est présent dans l’oreille, l’eau ne peut y siéger car l’eau et l’huile ne se mélangent pas donc quand l’eau rentre dans l’oreille, elle rencontre le cérumen qui la repousse et elle ressort. Quand vous nagez et que l’eau rentre dans votre oreille, elle ressort immédiatement. Mais quand vous nettoyez cette substance protectrice cela met la peau de l’oreille à nu et quand l’eau ou le savon rentrent, ils restent et c’est là que les problèmes commencent », a expliqué le docteur.
Utiliser des casques pour protéger les oreilles
Les casques rentrent dans la catégorie des matériels de protection individuelle. Ce sont des casques de protection auditive. Il y a en a plusieurs catégories. Des normes définissent les types de casque en fonction du type de bruit auquel on est exposé. Ces casques sont disponibles sur le marché mais pour les utiliser il faut consulter un spécialiste qui va vous orienter ou identifier le bruit. La protection ce n’est pas parce que vous avez un bruit et que vous devez automatiquement sauter sur un casque. Mais il faut voir d’abord si on peut minimiser le bruit. Quand on fait ce qui est possible au niveau de la minimisation, la partie résiduelle sera atténuée par le casque.
Auparavant, Dr Kodjo Serge, endocrinologue diabétologue au CHU Sylvanus Olympio, fondateur du centre diabéobe a précisé qu’il est un centre d’éducation thérapeutique du diabète et tout ce qui va avec, l’obésité, le surpoids. « Donc au sein du centre, on organise souvent des ateliers d’éducation surtout des groupes de parole qui sont organisé tous les deux mois et qui sont des occasions pour les patients diabétiques d’échanger autour du diabète. C’est une occasion pour nous au centre d’inviter des spécialistes à venir parler de tout ce qui est connexe au diabète. Aujourd’hui on parle de l’audition mais à part tout ce qui fait lien avec le diabète, on essaye aussi d’aller à la découverte d’autres association, d’autres personnes qui font des activités qui aident des diabétiques à mieux vivre », a-t-il confié. « Un objectif ultime de ces groupes de parole c’est de pouvoir mieux vivre, c’est le bien-être du diabétique, c’est l’amélioration de la qualité de vie. Le fait de se retrouver entre diabétiques, d’échanger, d’écouter les témoignages des autres cela permet à beaucoup de pouvoir grandir, de pouvoir mieux affronter le diabète. Permettre à la majorité des diabétiques de ne plus avoir un souci de santé », a-t-il conclu. ATOP/TD/BA






