
Kantè, 12 fév. (ATOP)- Les victimes des récentes violences survenues les 3, 4 et 5 février entre les communautés lamba et peuhls dans les villages de Kantè Taar, Narita et Pessidè respectivement à 8, 10 et 12 km au nord-est de Kantè, ont reçu la visite des députés et cadres de la coordination préfectorale du parti, Union pour la République (UNIR) le samedi 11 février.
L’objectif de cette tournée est d’apporter un message de réconfort aux blessés et aux déplacés, et de sensibiliser les populations sur la paix et la cohésion sociale. Elle a notamment permis à la délégation d’offrir des vivres et non vivres à 189 peulhs déplacés et hébergés dans les locaux de l’école islamique de la grande mosquée de la ville. Le don est composé de 5 sacs de maïs de 60 bols, de 5 sacs de riz de 25 kg, de 5 bidons d’huile de 5 litres, de 40 nattes et d’une enveloppe financière de 200.000 FCFA. Il a été réceptionné par le président de l’Union musulmane, El hadj Nouhoum Samouna.
Le président de la coordination préfectorale ‘’UNIR-Kéran’’, Outchantcha Awima, les députés N’Kéré Komi et Mme Agbandao-Assoumatine Kounon ont témoigné la compassion du chef de l’Etat Faure Gnassingbé aux victimes dans les localités visitées. Ils ont déploré ces incidents malheureux et souhaité que de tels évènements ne se reproduisent plus jamais dans la localité.
Les faits remontent à la nuit de vendredi 3 février aux environs de 22h00 : M. Warou M’bara, un autochtone qui revenait du marché sur son vélo sans phare, utilisait une torche pour s’éclairer. Dans ses mouvements et par inattention, le faisceau lumineux de sa torche balaye la cour de son voisin peulh Barry Amadou, dans le quartier Narita. Ce dernier l’interpelle et le traite de voleur. Une dispute éclate entre eux. Amadou, soutenu par sa famille assène un violent coup de bâton sur la tête de M’bara. Ce dernier, le visage ensanglanté, se précipite au domicile du chef quartier, Allinguiere Assèlaba, afin de porter plainte. Les frères de M’bara se trouvant encore au marché, apprennent l’histoire et se précipitent en direction du domicile d’Amadou, pour se venger. Face au danger le Peulh prend la fuite. Les jeunes autochtones saccagent alors son domicile et une série d’acte de vandalisme s’en suit à l’endroit des membres de la communauté peuhle de Kantè Taar jusqu’au lendemain. La situation s’est poursuivie jusqu’au dimanche 5 février à Pessidè malgré les appels à l’apaisement des autorités locales et l’intervention de la brigade de la gendarmerie. Il a fallu l’intervention des éléments du Régiment Parachutiste Commando (RPC) communément appelés « Bérets rouges » pour faire revenir le calme dans ces localités.
Un atelier de renforcement de capacités à l’intention des chefs traditionnels et religieux sur leur implication dans l’identification des sources de conflit a été organisé les 6 et 7 février à Kantè, à cet effet. Il s’est agi de former ces derniers à la médiation impartiale dans les situations conflictuelles.
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