
Kpalimé, 5 avr. (ATOP) – Les activités du projet « Biogaz pour l’autonomisation des femmes agricultrices de Kloto » ont été capitalisées, le samedi 4 avril à Kpalimé, au terme de douze mois de mise en œuvre. Porté par l’ONG Appui aux initiatives locales (AIL), ce projet a bénéficié du soutien financier de GERES à travers le programme « Féminismes, actions et mobilisation pour une économie inclusive » (FAME).
Cette rencontre de clôture a permis de présenter les résultats enregistrés sur le terrain, marqués notamment par l’introduction des solutions énergétiques durables au service de la production agricole. Le projet a abouti à l’installation de biodigesteurs doubles de 10 m³ sur deux sites, à Danyinu et Agogomé. Ces infrastructures permettent non seulement de produire du biogaz destiné à alimenter des motopompes pour l’irrigation, mais aussi de générer du digestat, un engrais organique utilisé pour enrichir les sols.
La directrice exécutive de l’ONG AIL, Chakpla Mawuto Delphina, a indiqué que « les digesteurs sont désormais pleinement opérationnels pour la production d’engrais organique, déjà exploité par les bénéficiaires ». Elle a ajouté que l’utilisation du biogaz pour le pompage de l’eau, étape clé du projet, est en cours de finalisation, selon les précisions apportées par le technicien biogaz, Mawussi Adza.
Au-delà des infrastructures
Le projet a enclenché une transformation notable des pratiques agricoles. Les bénéficiaires ont diversifié leurs cultures, passant de deux principales spéculations, l’adémè et le gboma, à près d’une dizaine de variétés. Elles ont également acquis des compétences en transformation et conservation des produits, notamment le séchage et la transformation en poudre de certains légumes.
Les impacts économiques sont également significatifs. Les produits agricoles, autrefois vendus en vrac, sont désormais commercialisés au kilogramme sur des marchés spécialisés, notamment à Lomé et à Kpalimé, permettant une nette amélioration des revenus. « Un panier d’adémè vendu autrefois à 3.000 FCFA peut aujourd’hui atteindre 8.000 FCFA », a souligné Mme Chakpla, illustrant l’évolution des conditions de commercialisation.
Dans le cadre de sa mise en œuvre, le projet a bénéficié de l’appui de la commune Kloto 1, qui a mis à disposition plus d’un hectare de terres sur les deux sites. Il a également permis la construction de retenues d’eau, l’acquisition de motopompes et la formation des bénéficiaires en techniques agricoles durables, en production de fertilisants et en entrepreneuriat.
Regroupées en coopératives, notamment « Scoops Nyonu Bio » à Danyinu et « Scoops Emeraude Verte » à Agogomé, les bénéficiaires s’inscrivent désormais dans une dynamique structurée tournée vers des activités génératrices de revenus durables. L’objectif, selon les responsables du projet, est de favoriser leur transition d’une agriculture de subsistance vers un modèle entrepreneurial.
Pour l’animateur du projet, Marius Cliford Agaga, « les femmes ont considérablement amélioré leurs conditions de vie, en diversifiant leurs productions et en augmentant leurs revenus ».
Au total, une cinquantaine de femmes, réparties en deux coopératives en cours d’immatriculation, ont bénéficié de cet accompagnement. Satisfaites des résultats obtenus, elles ont salué l’engagement des partenaires et des autorités locales.
ATOP/AYH/SED/KYA






