
Kpalimé, 22 mai (ATOP) – Des sénateurs ont bouclé, le vendredi 22 mai à Kpalimé, un atelier d’échanges de trois jours, consacré aux Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR), en vue de contribuer à l’amélioration du cadre légal au Togo.
La rencontre a réuni des sénateurs des responsables du ministère de la Santé, des magistrats, des juristes, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers autour des enjeux liés à la santé reproductive, à la réduction de la mortalité maternelle et à l’accès équitable aux services de santé.
La Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME) a initié cette activité avec l’appui de Ipas Afrique francophone et d’autres partenaires notamment l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF) et la Société des gynécologues obstétriciens du Togo (SGOT). Elle a permis de renforcer la compréhension des enjeux liés aux DSSR et à favoriser une meilleure appropriation des engagements nationaux et internationaux du Togo, notamment le protocole de Maputo ratifié par le Togo en 2005.
Les échanges ont porté notamment sur la nécessité d’actualiser le cadre juridique national relatif à la santé de la reproduction adopté en 2007, afin de l’adapter aux réalités sanitaires, sociales et démographiques actuelles. Les participants ont réfléchi sur les défis liés à l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, notamment les insuffisances réglementaires, les contraintes logistiques, le déficit d’infrastructures sanitaires et les difficultés d’accès aux services adaptés pour les femmes, les adolescentes et les groupes vulnérables. L’atelier a débouché sur des recommandations destinées à soutenir les réformes législatives et institutionnelles en matière de santé reproductive au Togo.
La cheffe division Santé maternelle, infantile et de la planification familiale au ministère en charge de la Santé, Makilioubè Tchandana, a fait savoir que plusieurs réformes ont été engagées par le Togo en faveur de la santé de la mère et de l’enfant. Cependant, a-t-elle poursuivi, ces progrès restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030 (une cible inférieure à 70 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes).
Selon elle, l’absence de textes d’application clairs et adaptés entraîne parfois des difficultés dans l’offre des services de santé reproductive. Elle a invité les sénateurs à jouer pleinement leur rôle dans l’amélioration du cadre législatif afin de favoriser un environnement plus protecteur et plus favorable à l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive au bénéfice des populations.
La directrice exécutive de l’ATBEF, Noélie Koevi-Koudam, a estimé qu’il est nécessaire de mettre à jour la loi sur la santé de la reproduction afin de mieux répondre aux nouveaux défis auxquels le pays est confronté.
Au nom de Ipas Afrique francophone, le conseiller régional en politique et plaidoyer, Aboudou Soro, a relevé que la mortalité maternelle demeure une préoccupation majeure en Afrique de l’Ouest. Il a indiqué qu’une part importante des décès est liée aux hémorragies résultant d’avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées.
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