
Kpalimé, 24 juil. (ATOP) – Des magistrats du Togo participent du 23 au 25 juillet à Kpalimé, à un atelier de renforcement de leurs compétences sur les Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR).
L’atelier est organisé par la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME) et le Centre de formation des professions de justice (CFPJ), avec l’appui d’Ipas Afrique francophone et de l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF). Il vise à aligner les pratiques judiciaires sur les engagements du Togo, dont le Protocole de Maputo, ratifié en 2005.
Il s’agit également d’actualiser les connaissances des magistrats sur les principes, les normes et les textes relatifs aux DSSR conformément aux instruments juridiques internationaux, de clarifier les valeurs et croyances des participants sur l’accès à l’avortement sécurisé, à travers la soumission des participants aux exercices de Clarification des valeurs sur l’avortement pour l’action et la transformation (CVAT) et de formuler des pistes d’intervention et des recommandations en faveur de l’amélioration du cadre légal.
Durant trois jours, les participants vont analyser les obstacles juridiques, sociaux et institutionnels qui freinent encore l’application des textes nationaux et internationaux en matière de DSSR, notamment l’accès à l’avortement sécurisé.
Pour Dr Agossou Amétépé, directeur de la DSME, il est urgent de sortir de cette zone grise. Il rappelle que la mortalité maternelle a certes diminuée, passant de 478 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1998 à 362 en 2023, mais reste encore trop élevée, en partie à cause des complications liées aux avortements non sécurisés.
« Les femmes et les jeunes filles ont droit à des soins de qualité »
L’atelier offre un espace de dialogue et d’auto-évaluation. Les participants sont invités à confronter leurs valeurs personnelles à la réalité du droit à travers des Clarifications des valeurs et de transformation d’aptitude (CVTA), à revisiter les fondements juridiques existants et à proposer des pistes de réforme concrètes.
Pour Soro Aboudou, conseiller régional chez Ipas Afrique francophone, ce travail est indispensable : « On ne peut plus faire l’économie d’un cadre juridique clair, connu et appliqué. Les femmes et les jeunes filles ont droit à des soins de qualité, dans le respect de la loi. »
Noélie Koevi-Koudam, directrice exécutive de l’ATBEF, insiste pour sa part sur l’urgence d’une mobilisation collective. « L’arsenal juridique est là, mais reste sous-utilisé. Les droits en santé sexuelle et reproductive ne sont pas des privilèges, ce sont des droits humains fondamentaux ».
Au terme des échanges, les magistrats formuleront des recommandations pour améliorer la lisibilité du cadre légal et faciliter l’accès aux services prévus par la loi. L’objectif étant de déboucher sur un plan d’action réaliste, avec des mesures concrètes pour mieux protéger les droits sexuels et reproductifs au Togo.
Cette session de formation s’inscrit dans une dynamique plus large de domestication des engagements internationaux et de mise en cohérence des textes togolais.
ATOP/ER/AYH/FD






