
Kpalimé, 12 mai (ATOP) – Un atelier d’échanges et de mise en place d’un cadre de concertation intercommunal sur la restauration des paysages forestiers s’est ouvert, le lundi 11 mai à Kpalimé.
C’est une initiative de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans le cadre du projet AFR100 Togo financé par la coopération allemande (BMZ). Ce projet prévoit la restauration de 20.000 hectares de zones forestières sous une gestion améliorée et de 7.000 hectares de terres dégradées. Il entend également favoriser l’implication des collectivités territoriales dans la planification et le suivi des actions de restauration.

Des maires, des secrétaires généraux des communes, des chefs traditionnels, techniciens du ministère de l’Environnement, organisations de la société civile et partenaires techniques des Plateaux-Ouest ont discuté des enjeux de restauration des paysages forestiers, d’adaptation au changement climatique et de gouvernance territoriale durable. la rencontre vise notamment à renforcer les capacités de ces acteurs sur les approches intégrées de restauration des terres dégradées et à mettre en place un cadre de concertation opérationnel entre les communes afin de coordonner les actions de gestion durable des ressources naturelles.
Durant trois jours, les participants suivront des communications techniques sur les changements climatiques ; les mécanismes de restauration des paysages forestiers ; les solutions fondées sur la nature ; les initiatives de villes durables et les mécanismes de financement vert. Des travaux de groupe et panels sont également prévus afin d’élaborer une feuille de route pour le futur cadre de concertation.
Le chargé du bureau de la FAO au Togo, Dr Oyétoundé Djiwa, a rappelé que l’initiative africaine AFR100 ambitionne de restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030 sur le continent. Dans ce cadre, dit-il, le Togo s’est engagé à en restaurer 1,4 million. Selon lui, la dégradation des terres et la disparition progressive du couvert forestier constituent une menace pour les moyens de subsistance, la biodiversité et la résilience des populations face aux changements climatiques. Dr Djiwa a indiqué qu’entre 2001 et 2025, le Togo a perdu plus de 130.000 hectares de couverture végétale, soit une diminution estimée à 5,9 %, principalement sous l’effet de la pression agricole, de l’urbanisation et des infrastructures. Il a également relevé que les feux de végétation continuent d’affecter fortement les écosystèmes forestiers, avec plus de 772 alertes d’incendies enregistrées sur le territoire national entre janvier et mai 2026.
« Les maires sont aujourd’hui des acteurs essentiels du développement local et de la gestion durable des ressources naturelles. La restauration des paysages ne peut être efficace que si elle est portée collectivement à travers une logique d’intercommunalité », a expliqué Dr Djiwa.
Le secrétaire général de la préfecture de Kloto, Bakaï Essolabina, a indiqué que le projet repose sur quatre composantes majeures, notamment le renforcement du cadre institutionnel et financier, l’accélération des actions de restauration sur le terrain, la valorisation économique des initiatives de restauration ainsi que le suivi et la capitalisation des acquis. Selon lui, la réussite de ces initiatives dépend de l’implication des collectivités territoriales dans la planification et la coordination des interventions environnementales.
Le maire de Kloto 3, Yawo Asagbé, a salué cette initiative qui, d’après lui, permettra aux communes de renforcer leurs capacités face aux défis du changement climatique et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales.
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