
Par ATTIKPO Honoré
L’Agence Togolaise de Presse (ATOP) est une agence de service public national créée par décret N°75-30 du 5 mars 1975. Elle a son siège à Lomé, où toutes les informations collectées sont centralisées, traitées et publiées. L’agence dispose de correspondants répartis à travers tout le pays pour la collecte des informations locales et nationales.
L’ATOP, depuis les années 1990 se trouve confrontée à une compétitivité médiatique sans précédents. Elle se doit des défis à relever sur le plan logistique et en termes de ressources humaines afin de perfectionner son travail sur le terrain et être au diapason des médias modernes.
Cependant des citoyens se demandent le rôle exact de l’ATOP dans l’espace médiatique togolais. La question est de savoir si les citoyens connaissent la mission d’une agence de presse, tel que l’ATOP. Quelle perception les citoyens togolais ont-ils du rôle de l’Agence Togolaise de Presse (ATOP). Cette perception varie en fonction de plusieurs facteurs, tels que la crédibilité du média, la qualité de l’information diffusée et la couverture de l’actualité nationale et internationale.
La perception des citoyens du rôle de l’ATOP
Beaucoup de citoyens considèrent l’ATOP comme une source fiable d’informations officielles notamment les activités gouvernementales. Surtout à l’intérieur du pays où elle est implantée, elle joue un rôle vital dans la collecte des informations qu’elle traite et publie, dans la promotion des événements culturels et des initiatives locales, contribuant ainsi à la fierté nationale.
Mme Amégan Dzaka Sémékonawo chargée de communication à la commune de Kloto 1, pense que l’ATOP demeure la première agence sur le territoire Togolais. « C’est le seul organe à l’intérieur du pays qui publie les informations des coins les plus reculés du pays. Dès qu’il y a un évènement dans un coin caché du pays, grâce à l’ATOP, l’information est publiée en temps réel » a-t-elle souligné.
Togbui Dzédo V, chef canton de Womé, président du conseil des chefs traditionnels de Kloto précise dans le même sens que, c’est un organe qui est plus proche des localités les plus éloignées du pays.
Pour Agbokou Kokou, président de l’Union des producteurs du cacao biologique (PROCAB) de Kloto, l’Agence Togolaise de Presse est un organe de communication mis à la disposition des localités de l’intérieur du pays, des collectivités, des structures déconcentrées et décentralisées du pays pour la visibilité de leurs activités. Son rôle dit-il, c’est de relayer l’information pour les radios, la télévision et même pour la presse privée.
Par contre, d’autres considèrent que l’agence est trop proche du gouvernement, ce qui soulève des inquiétudes en ce qui concerne la crédibilité de ses informations. Ils portent aussi des critiques quant à la qualité de l’information qu’elle publie. Mme Amégan-Dzaka a remis en cause l’impartialité de l’agence, soulignant qu’elle ne dénonce pas les abus dont sont victimes les citoyens du pays. Elle a souhaité qu’elle produise des articles de fonds, bien écrits et pertinents, répondant aux intérêts et aux besoins de la population. Elle a également souhaité que l’agence maintienne une indépendance par rapport aux influences politiques pour garantir l’objectivité des informations. « En mettant en œuvre ces stratégies, l’ATOP peut renforcer sa crédibilité et établir une relation de confiance durable avec ses lecteurs. Une meilleure interaction avec les citoyens pourrait renforcer la confiance et améliorer la perception de l’agence » a déclaré Mme Amégan-Dzaka.
Les défis de l’Agence Togolaise de Presse aujourd’hui
L’Agence Togolaise de Presse fait face à plusieurs défis aujourd’hui, surtout dans le cadre de son cinquantième anniversaire. Il est important qu’elle se modernise et s’adapte aux nouvelles technologies pour rester compétitive dans un paysage médiatique en constante évolution.
Pour Agbo-Agbo Kossi, chef de programme de la radio planète plus, il est crucial de renforcer et de former le personnel de l’ATOP pour qu’ils répondent aux exigences contemporaines du journalisme. Comme défis, il propose également que l’agence travaille à maintenir et à renforcer la confiance du public dans ses informations. M. Agbo-Agbo a précisé que ces défis sont cruciaux pour assurer la pérennité et l’efficacité de l’ATOP dans un environnement médiatique en pleine mutation.
La chargée de communication à la commune Kloto 1, Amégan-Dzaka Sémékonawo a, de son côté, invité les responsables de l’agence à renforcer les ressources humaines à l’intérieur du pays afin de répondre aux différentes sollicitations sur le terrain.
Le président de l’Union des producteurs du cacao biologique (PROCAB) de Kloto a quant à lui, dénoncé le manque de personnel au niveau de toutes les agences du pays, précisant que cela a un impact sur leur travail sur le terrain. « Si on veut vraiment que l’agence donne un bon rendement, il lui faut un personnel adéquat et des équipements répondant aux standards internationaux » a expliqué M. Agbokou Kokou. Il a souhaité également que l’agence produise des informations maisons, des dossiers, et de décrire les faits sociaux dans leurs localités.
Selon Gagnon Kwami, chef division planification de la commune Kloto 1, pour être efficace sur le terrain, l’ATOP doit renforcer son personnel afin de répondre aux différentes sollicitations. Il a souhaité que l’agence améliore le numérique et les équipements pour son efficacité sur le terrain. « Dans le domaine de la communication, plus vous avez de meilleurs équipements, plus le travail est performant et efficace. Nous souhaiterions que pour l’avenir, les équipements soient de qualité. Que le local soit également adéquat pour un meilleur cadre de service » a déclaré M. Gagnon.
Pour sa part, le chef canton de Womé s’est appesanti sur difficultés liées au déplacement des agents sur les lieux de reportage. « Doter les reporters de moyens de déplacement adéquat leur permettant de parcourir les cantons, villages et localités les plus reculées pour être efficace sur le terrain serait un atout pour cette agence » a conseillé Togbui Dzédo V.
Agence Togolaise de Presse face aux enjeux de l’heure
Avec la montée des médias numériques et la concurrence des réseaux sociaux, l’Agence Togolaise de Presse doit s’adapter au nouvel environnement médiatique pour rester pertinente en améliorant sa présence en ligne et en diversifiant ses formats.
Pour Mme Amégan-Dzaka, l’agence doit donc évoluer suivant la nouvelle dynamique médiatique en travaillant sur son positionnement par rapport aux réseaux sociaux. Elle a souhaité que l’ATOP soit plus présente sur tous les canaux de communication tels que WhatsApp, Facebook, Instagram, X, YouTube afin d’être plus proche des lecteurs. « Aujourd’hui les gens ont tellement la paresse de lire, il faut donc que l’ATOP soit également plus présente sur tous les réseaux pour permettre à ses lecteurs d’avoir les informations à temps réel pour maximiser l’audience » a déclaré la chargée de communication à la commune de Kloto 1.
Cette même proposition est soutenue par le chef canton pour qui « l’agence doit faire face à la nouvelle donne médiatique, en trouvant des stratégies pour être présente sur les réseaux sociaux afin d’augmenter son audience ».
Le président de l’Union des producteurs du cacao biologique (PROCAB) de Kloto indique de son côté que l’agence est confrontée à beaucoup de défis, précisant que le monde est envahi aujourd’hui par les réseaux sociaux qui concurrencent les médias traditionnels. « Si l’ATOP ne relaie pas tôt ses informations, elle sera toujours à la traîne. L’Etat doit mettre des outils informatiques adéquats à sa disposition afin qu’elle puisse jouer en temps réel son rôle de relaie d’informations » a estimé M. Agbokou. Face aux enjeux des réseaux sociaux, il estime qu’aujourd’hui les choses ont évolué. Au moment où ATOP jouait seule son rôle d’agence nationale, la technologie n’était pas aussi développée comme aujourd’hui avec les réseaux sociaux. Aussi a-t-il souhaité que l’agence s’adapte à l’environnement médiatique pour répondre au rendez-vous de la technologie médiatique avec les lecteurs.
En somme, l’ATOP est un acteur clé dans le paysage médiatique togolais, avec un potentiel significatif pour soutenir la démocratie et le développement national, mais qui nécessite un soutien continue pour surmonter ses défis.






