
Kpalimé, 7 août (ATOP) – Le centre Soutien pour l’enfance en souffrance (SPES) de Kpalimé a célébré, le mercredi 6 août dans la localité, la sortie officielle de sa première vague de pensionnaires majeurs. Ils sont au total 22 jeunes filles et garçons, à avoir atteint l’âge de la majorité.
Après plusieurs années de prise en charge au centre, depuis leur enfance, ils sont désormais appelés à rejoindre leurs cellules familles respectives, avec l’assurance d’un accompagnement jusqu’à 24 ans. La cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte du centre en présence des autorités administratives, militaires, traditionnelles, des partenaires de l’association et des parents.
Une réintégration-accompagnement
Ces jeunes, dont certains sont arrivés bébés ou âgés de moins de trois ans, ont bénéficié d’une prise en charge complète : éducation, santé, alimentation, encadrement moral et affectif. Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux ont obtenu le baccalauréat, d’autres suivent une formation dans ces centres de formation professionnelle.
« Il ne s’agit pas d’une rupture. C’est une nouvelle étape. SPES reste à leurs côtés pour les accompagner jusqu’à l’âge de 24 ans », a souligné Béatrice Oudjo-Alognon, directrice du centre. Une convention de suivi sera signée avec chaque famille afin de garantir la continuité de l’appui, notamment pour les études ou la formation professionnelle. A terme, chaque jeune recevra un fonds d’éducation de plus d’un million F CFA pour faciliter son insertion.
Avant leur sortie, une formation à l’auto-prise en charge et à la recherche d’emploi, dispensée par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), leur a permis d’élaborer un plan de carrière personnel.
Pour assurer une transition réussie, SPES a remis à chaque famille un dossier personnel : actes de naissance, certificats de nationalité, dossiers scolaires, certificats médicaux, etc. D’autres pièces comme la convention de réintégration familiale et les accords tripartites (SPES-famille-jeune) sont en cours de finalisation.
Des conseils pour une vie d’adulte responsable
Les autorités présentes n’ont pas manqué de prodiguer des conseils aux jeunes, les appelant à devenir des citoyens engagés et des modèles de réussite. « La vie ne sera pas rose. Mais vous avez les outils. Débarrassez-vous de la paresse et des mauvaises habitudes. Tracez votre propre chemin », a exhorté Essolabina Bakaï, secrétaire général de la préfecture de Kloto.
Pour le maire de Kloto 1, Winny Yawo Dogbatsè, « l’excellence doit être votre défi. La vie que Dieu vous a donnée est faite pour être utile à la nation ». Même ton du côté du directeur préfectoral de l’Action sociale, Biova Koami Amevoh : « Les enfants ne doivent pas se sentir étrangers dans leurs familles. Les parents doivent maintenir le lien ». Le vice-président du Conseil d’administration de SPES Togo, Dr Koffi Jean Woaké, a, quant à lui, rappelé que « cette maison reste la leur. Ils peuvent revenir quand ils veulent ».
SPES, un modèle de prise en charge holistique
SPES est une association humanitaire et caritative internationale avec une branche au Togo. Le centre de Kpalimé a vu le jour en 2009 sous forme d’orphelinat, après l’ouverture du centre de Lomé en 2000. Il a commencé avec 5 enfants. Aujourd’hui, 74 jeunes y ont été pris en charge, dont 38 filles. Les critères d’admission sont, être orphelin de père, de mère ou des deux, âgé de 0 à 3 ans à l’entrée.
Selon Pascal Kodjo Thini, coordinateur du centre, « certains enfants sont aujourd’hui titulaires d’un master, d’autres poursuivent des études doctorales à l’étranger ». Au cours de l’année scolaire 2024-2025, le centre a enregistré un taux de réussite scolaire de 72%.
La cérémonie s’est achevée sur une note festive avec des prestations artistiques et un message de reconnaissance des jeunes sortants. « Nous n’oublierons jamais ce que SPES a fait pour nous. Nous promettons de travailler dur pour ne pas décevoir », a affirmé leur porte-parole, Esso.
ATOP/ER/AYH/KYA






