
Kpalimé, 6 août (ATOP) – La ville de Kpalimé accueille depuis le mardi 5 août, un atelier de trois jours de formation, destinée aux acteurs des Maisons de justice, sur les techniques de médiation, de conciliation, d’accueil, d’écoute, d’orientation et de reporting.
Organisée par la direction de l’Accès au droit et à la justice du ministère de la Justice et de la Législation, avec l’appui du PNUD, cette session de trois jours regroupe 45 participants (les médiateurs-conciliateurs, les assistants-juristes et autres venus des régions administratives du Togo (Grand Lomé, Maritime, Plateaux, Centrale, Kara et Savanes). La formation s’inscrit dans la mise en œuvre de l’axe 1 de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025 relatif à l’inclusion et à l’harmonie sociale.
L’objectif est d’améliorer la qualité des prestations offertes par les Maisons de justice, afin de renforcer la cohésion sociale à travers un meilleur accès aux droits et à la justice pour les populations, notamment les plus vulnérables. Les séances visent à harmoniser les pratiques, améliorer la compréhension des procédures de traitement des requêtes et renforcer les techniques de médiation, de conciliation, d’accueil et d’orientation des usagers. Elles permettront également de collaborer plus efficacement avec les autres acteurs du système judiciaire, notamment dans la prise en charge des cas de violences basées sur le genre (VBG).
« Une justice plus accessible et plus humaine »
Au nom de la représentante résidente du PNUD, Epiphanie Houmey Eklou-Koevanu, la team leader Unité Gouvernance de l’organisation, a souligné que cette formation reflète une volonté commune, celle « de réinventer notre rapport à la justice, en la rendant plus accessible, plus humaine, plus équitable ». Elle réaffirme ainsi l’engagement du PNUD en faveur des Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 16, qui vise à garantir l’accès de tous à la justice.
Le directeur de l’Accès au droit et à la justice, Koffi Tagbé a rappelé que les Maisons de justice ont été instituées pour rapprocher la justice des citoyens, en proposant des alternatives à la voie judiciaire classique. Il a expliqué que ces maisons permettent de traiter, dans un cadre confidentiel et gratuit, des litiges du quotidien tels que les conflits fonciers, matrimoniaux, successoraux ou encore les recouvrements de créances. « Les Maisons de justice offrent un cadre idéal d’échanges et de réconciliation, dans lequel les citoyens peuvent privilégier le dialogue à l’affrontement judiciaire », a-t-il déclaré. Le directeur a ajouté que face à l’augmentation du personnel, le besoin de formation continue, se fait de plus en plus pressant. « Cette session marque la reprise d’un cycle de renforcement des capacités, indispensable pour garantir une justice de proximité efficace et crédible », a souligné M. Tagbé.
Les travaux sont animés par des experts en droit et en psychologie, avec l’appui de personnes ressources du ministère. Des études de cas pratiques sont prévues pour favoriser l’échange d’expériences entre participants.
Mission des maisons de justice
La mission des maisons de justice est double : elle permet la résolution amiable des conflits de la vie quotidienne, et offre des services d’information juridique et d’orientation aux usagers. En combinant la médiation, la conciliation qui sont les principes de l’arbre à palabres, la maison de justice offre un cadre idéal d’échange, de compréhension, de respect mutuel, de tolérance et de pardon dans lequel les parties sont appelées, à faire prévaloir les liens de fraternité et à se réconcilier et à rétablir le tissu social. Ainsi la maison de justice n’a pas pour vocation de désigner systématiquement un gagnant ou un perdant. Sa mission consiste à rappeler aux citoyens qu’entre la haine et l’amour, la violence et la paix, elles peuvent toujours faire le meilleur choix, s’entendre.
Créées en 2018, les Maisons de justice ont connu une expansion rapide, avec désormais 20 structures opérationnelles à travers le pays. Elles répondent aux défis persistants d’accès à la justice, notamment l’éloignement géographique des juridictions, les barrières financières et l’analphabétisme juridique.
ATOP/ER/AYH/KYA






