
Kpalimé, 3 nov. (ATOP) – Une soixantaine de professionnels de santé maternelle et néonatale des six régions sanitaires du Togo participent, du 3 au 6 novembre à Kpalimé, à une formation sur la prévention et la prise en charge des hémorragies du post-partum (HPP). La session est axée sur l’approche E-MOTIVE et les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
La rencontre est organisée par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), en collaboration avec le ministère en charge de la Santé et la Société togolaise de médecine périnatale (SOMOPI). Elle bénéficie de l’appui technique d’Ellavi, une marque spécialisée dans les outils destinés à la maternité, et du soutien du Bureau régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, basé à Dakar. Elle s’inscrit dans la feuille de route 2025-2029 de l’UNFPA, qui vise à accélérer la réduction de la mortalité maternelle dans la région.
Des compétences renforcées pour prévenir les décès maternels
L’atelier a pour objectif de former au moins 60 formateurs nationaux qui, à leur tour, transmettront les connaissances acquises aux prestataires des différentes structures sanitaires du pays. A travers cette formation, le Togo et ses partenaires entendent améliorer la qualité des soins obstétricaux et assurer une meilleure prise en charge des urgences maternelles. L’ambition est de réduire significativement les décès maternels évitables et de contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux et internationaux en matière de santé maternelle à l’horizon 2030.
Les participants seront initiés à l’approche E-MOTIVE, qui repose sur la détection précoce et la mesure objective des pertes sanguines, suivies d’une prise en charge immédiate et coordonnée. Cette approche associe notamment le massage utérin, l’administration de médicaments utérotoniques, l’acide tranexamique, les perfusions intraveineuses et l’examen clinique pour limiter les risques de complications graves.
Les agents seront également outillés sur l’utilisation de matériels destinés à faciliter la détection et la prise en charge des hémorragies après l’accouchement, notamment du drap de recueil calibré, qui permet de mesurer les pertes sanguines, et du ballonnet de tamponnement intra-utérin, utilisé dans le traitement de cette complication. Des exercices de simulation clinique et des modules sur les techniques de formation selon l’approche LDHF (Low Dose, High Frequency, « formation à petites doses et à fréquence élevée ») sont également prévus. Les prestataires recevront des certificats à la fin de la session.
La cheffe de la division de la santé maternelle et infantile, Dr Tchandana Makilioubé, chef de la division de la santé maternelle et infantile, a rappelé que les décès maternels pendant la grossesse, l’accouchement ou les jours qui suivent constituent un drame pour les familles, les communautés et le pays. Elle a insisté sur la nécessité de mesurer systématiquement les pertes sanguines afin de repérer rapidement les saignements anormaux et d’intervenir à temps.
Dr Tchandana a également évoqué certains facteurs socioculturels qui contribuent aux décès maternels, notamment les accouchements à domicile avec l’assistance d’accoucheuses traditionnelles et les retards dans le recours aux formations sanitaires. Elle a rappelé les mesures engagées par le gouvernement pour améliorer la santé de la mère et de l’enfant, notamment le renforcement des compétences du personnel, la mise en place des soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU), la subvention de la césarienne et le Programme national d’accompagnement des femmes enceintes, qui encourage les consultations prénatales précoces et régulières.
Le chargé de la santé reproductive à l’UNFPA, Agbigbi Yawo, a rappelé que chaque femme doit pouvoir bénéficier d’un suivi approprié pendant la grossesse, d’un accouchement sécurisé et de soins adaptés après la naissance. Il a souligné que les complications liées à la grossesse, à l’accouchement et à la période post-partum continuent de mettre en danger la vie des femmes, ce qui rend nécessaire le renforcement des capacités des prestataires.
Les chiffres nationaux montrent l’ampleur du défi. Le ratio de mortalité maternelle au Togo est passé de 401 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2010 à 366 en 2022. Malgré cette évolution, les hémorragies du post-partum restent une cause importante de décès. Selon le rapport de suivi des SONU du premier semestre 2023, elles représentaient 52,35 % des décès maternels liés aux causes obstétricales directes enregistrés dans les maternités SONU.
ATOP/KAT/AO






