
Kara, 16 mai (ATOP) – Un atelier de « Renforcement du rôle des chefs traditionnels dans la promotion de la cohésion sociale, la prévention de l’extrémisme violent et de la gestion pacifique de la transhumance » s’est tenu les 15 et 16 mai à Kara.
La rencontre est à l’actif du ministère en charge de la chefferie coutumière avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Elle est organisée à l’intention des chefs traditionnels et des acteurs locaux de gestion de la transhumance et de l’extrémisme violent dans la région. L’atelier se situe dans le cadre du programme d’appui à la prévention des conflits et de l’extrémisme violent dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina-Faso et du Togo, phase 2.
L’objectif est de sensibiliser et de renforcer les capacités et rôle des chefs traditionnels pour promouvoir davantage la cohésion sociale, la prévention de l’extrémisme violent et la gestion pacifique de la transhumance. Il est question de leur fournir des outils pratiques pour encourager et redynamiser le dialogue, le vivre ensemble et la prévention des conflits de tout genre. Il s’agit aussi d’édifier les participants sur les principes du dialogue intercommunautaire, de l’inclusion sociale et les techniques de prévention de l’extrémisme violent. Les modules comme la médiation et l’identification précoce des signes de radicalisation, les informations nécessaires sur le cadre juridique de la transhumance au Togo, les responsabilités et rôle des chefs dans la prévention des conflits communautaires, ont été également donnés. Les participants ont été également outillés sur les techniques de résolution des conflits pour mieux gérer les tensions entre protagonistes via les cadres locaux de promotion de la cohabitation pacifique et la gestion partagée des ressources.
Deux communications, notamment la « Prévention de l’extrémisme violent au Togo » et la « Gestion de la transhumance au Togo », ont permis aux participants de cerner les contours liés à la transhumance et à l’extrémisme violent. Ces phénomènes menacent la tranquillité des populations surtout des zones rurales depuis un certain nombre d’années, sapant ainsi le vivre ensemble dans la partie nord du Togo.
Le général de brigade, Adjitowou Komlan, gouverneur de la région de la Kara, a relevé que l’extrémisme violent ne connaît ni frontière, ni religion, ni classe sociale, et constitue un phénomène complexe qui touche tous les aspects de la société. Il a indiqué qu’au-delà de nombreuses initiatives engagées par le gouvernement et portées par le Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CIPLEV), il est impératif d’y associer la chefferie traditionnelle qui selon lui, est un maillon essentiel dans les processus de médiation et de résolution de conflits au Togo.
Le directeur de la chefferie traditionnelle, Vondoly Kodjo a salué le ministère pour l’initiative qui permet aux gardiens des us et coutumes de jouer pleinement leur rôle de médiateurs et de promoteurs de la paix et du vivre ensemble au sein de leurs communautés respectives.
Pour la représentante du bureau Togo de l’OIM, Mme Ankou Déborah, la transhumance est un phénomène de mobilité humaine qui, autrefois, favorisait la subsistance socio-économique entre communautés. D’après elle, ce phénomène est devenu aujourd’hui menaçant, à cause des effets de changements climatiques qui poussent les éleveurs d’autres pays à la recherche du pâturage. A travers ce renforcement, dit-elle, les chefs traditionnels sauront identifier les solutions idoines pour éviter les tensions entre éleveurs et agriculteurs dans leurs localités. Mme Ankou a félicité le gouvernement du Togo pour les initiatives comme le CIPLEV, l’Opération Koundjouaré et les filets sociaux mis en place aux lendemains de la crise du Sahel pour prévenir et contrer ces fléaux.
ATOP/TAL/BH/SED






