
Kara, 14 fév. (ATOP) – Les audiences de la première session des assises de la Cour d’appel de Kara se poursuivent, avec la condamnation le lundi 13 février de M. Gountie Batoune à 10 ans de réclusion criminelle pour complicité de traite de personne. Il est accusé d’avoir aidé et assisté à l’enlèvement d’une personne.
Courant l’année 2017, le nommé Batoune Gountié, résidant à Dapaong a reçu et hébergé des individus de nationalité burkinabè, vendeurs de poisson. Durant leur séjour chez lui, l’un de ses hôtes s’est intéressé à sa nièce du nom de Douti Mindjouyéme (âgée de 17 ans au moment des faits) et émis le souhait de la prendre en mariage. M. Gountié a alors informé la mère de la jeune fille, des intentions de son hôte burkinabè pour cette dernière. La fille a fini par accepter de suivre ses hôtes à leur départ. N’ayant plus de nouvelles de sa fille après plusieurs mois, la mère a convoqué son petit frère à la brigade de la gendarmerie nationale de Korbongou pour avoir des explications. Ce dernier a préféré prendre les clés des champs en direction de Lomé pour revenir deux ans plus tard à Dapaong. Il a été aussitôt interpellé à son retour et déféré au parquet près le tribunal de première instance de Dapaong où il a été inculpé de complicité de traite de personne suite à une information judiciaire ouverte contre lui.
Devant la Cour et malgré les interrogations diverses, l’inculpé n’a pas reconnu les faits à sa charge. L’accusation a quand même démontré que c’est avec son aide et son assistance que les étrangers burkinabè ont emmené la victime avec eux.
Le représentant du ministère public, Me Tchatchana Assimiou, a relevé les éléments qui peuvent déterminer la culpabilité de l’accusé, affirmant que les actes de complicité dont il est question dans cette affaire sont à la fois matériels et intentionnels. « Par acte d’aide et d’assistance, l’accusé a pu rendre possible la réalisation de l’infraction qui devait être reprochée au burkinabè », a-t-il précisé. Me Tchatchana Assimiou a, à cet effet, requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle avec 20 ans de sursis et une somme de 20 millions de francs CFA d’amende contre l’accusé.
A l’issue de la délibération, la Cour a semblé avoir une oreille attentive à l’égard du prévenu et son conseil, Me Agbahe Koffi Dieudonné, qui ont imploré l’indulgence des jurés. Elle a reconnu le sieur Batoune Gountié coupable de complicité de crime de traite de personne et décidé de le condamner à 10 ans de réclusion criminelle sur la base des articles 47, 48, 317, 318 et 319-1 du nouveau code pénal.
ATOP/BH/JK






