Kara, 12 sept. (ATOP) – Les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet Tradi-Santé dans les différents villages d’intervention de l’Association internationale des médecins pour la promotion de l’éducation et la santé en Afrique (AIMES-AFRIQUE), au nord du pays ont pris part du 5 au 10 septembre à Kara, à des séries de formation sur le thème « Revalorisation de la pharmacopée et la médecine traditionnelle au Togo ».
Ces formations, initiées par l’ONG AIMES-AFRIQUE, ont reçu l’appui technique et financier de la coopération allemande et de l’ONG Aktion Pit Togohilfe. Elles ont regroupé plus de 200 participants que sont des chefs traditionnels, des membres des Comités villageois de développement (CVD), des praticiens de la médecine traditionnelle (PMT), des journalistes et des responsables des formations sanitaires des zones d’intervention de AIMES-AFRIQUE des régions des Savanes et de la Kara. Ces formations s’inscrivent dans l’axe 3 des Objectifs de développement durable (ODD) qui stipule : « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge ».
L’objectif est d’amener ces différents acteurs à s’approprier le projet et à contribuer à sa mise en œuvre dans les différents villages concernés. Il s’agit également de les amener à s’engager pleinement dans la promotion, la participation et la revalorisation de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle au Togo.
Les participants se sont imprégnés des composantes et objectifs du projet Tradi-santé et ont fait l’état des lieux des associations et fédérations des praticiens de la médecine traditionnelle (PMT) au Togo, en termes de forces et faiblesses, d’opportunités et menaces avant de proposer des solutions pour leur réorganisation et positionnement dans le système sanitaire togolais. Ils ont aussi pris connaissance des différentes catégories professionnelles de cette pratique traditionnelle, à savoir les tradithérapeutes, accoucheuses traditionnelles, herboristes et médico-droguistes, ainsi que des efforts du gouvernement dans la promotion de la PMT, du code de la santé dédiée à cette pratique et du système de référencement des patients. Les participants ont ensuite défini un mécanisme de travail en synergie dans le cadre de mise en œuvre de ce projet.
En marge des modules développés, les journalistes ont été aussi entretenus sur les techniques de diffusion et d’animation des émissions radiophoniques sur les questions liées à cette thématique.
Pour le chef division de la pharmacopée et la médecine traditionnelle au ministère en charge de la Santé, Dr. Malou Koboyo, les pratiques de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée ont toujours existé et la majeure partie de la population rurale recourt constamment à cette médecine au détriment de celle conventionnelle. Il a souligné que depuis 1991, l’Etat togolais s’est résolu à formaliser et à structurer la médicine traditionnelle en créant un service chargé de ce secteur. Dr. Malou a indiqué que ce projet vient à point nommé améliorer davantage l’accès aux soins médicaux des populations rurales à travers la revalorisation du secteur.
Le représentant du président de l’ONG AIMES-Afrique, M. Atisso Degboevi, a indiqué que ces formations visent non seulement la promotion accrue, mais aussi la culture de l’importance de la médecine traditionnelle par les communautés. Selon lui, c’est un impératif d’impliquer activement les autorités administratives, locales et sanitaires dans la promotion de la pratique de la médecine traditionnelle, la préservation de l’environnement à travers la création des aires protégées pour la conservation des plantes médicinales et le renforcement de la coopération entre la médecine moderne et celle traditionnelle avec un accent sur la célérité du référencement des patients.
Le point focal de la médecine traditionnelle à la direction régionale de la Santé Kara, Kroumta Assoukna a souligné que cette initiative de l’ONG AIMES-AFRIQUE et ses partenaires permet aux acteurs impliqués de mener des actions concrètes pour la promotion de la médecine traditionnelle dans les communautés. Il les a exhortés à accompagner le projet et à faciliter sa mise en œuvre pour le bien-être et l’épanouissement des populations rurales.
ATOP/AEM/BA






