
Kara, 14 nov. (ATOP) – Des praticiens de la justice, notamment les magistrats, greffiers, secrétaires de parquet, ainsi que les officiers de police judiciaire (OPJ), du ressort de la Cour d’appel de Kara, ont renforcé leurs compétences pour un meilleur traitement des cas de violence basée sur le genre (VGB), les 13 et 14 novembre à Kara.
La rencontre est initiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en collaboration avec le ministère de la Justice et des Droits humains. Elle répond à la mise en œuvre du projet : « Renforcement de la participation et du leadership des femmes ».
L’objectif est de former les acteurs clés de la justice pour une bonne application du cadre juridique et du protocole national dans la prise en charge des cas de VBG. Il s’agit aussi d’augmenter les capacités techniques des participants pour une appréciation juridique correcte des faits et un meilleur traitement des preuves des cas de VBG via une coordination efficace entre les acteurs de la chaîne pénale. Il est question également d’éclairer les greffiers et secrétaires de parquet sur les outils de collecte des données statistiques relatives aux cas de VBG.
Des communications sur les généralités de VGB (concepts, typologie, causes et effets) et le cadre juridique et institutionnel de lutte contre les VGB ont permis aux participants d’être mieux édifiés sur la problématique. Ils ont pris connaissance des actions de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dans la lutte contre les VGB et les principes directeurs en matière de prise en charge des victimes de VGB.
Les acteurs concernés ont été aussi outillés sur les généralités, le protocole et la digitalisation de collecte de données judiciaires sensibles au genre et les statistiques des cas de VGB. Ils ont partagé les prérequis et compétences des acteurs intervenant dans la prise en charge holistique, médicale et psychologique des victimes de VGB et les rôles et responsabilités des acteurs.
Le procureur général près la Cour d’appel de Kara, Ali Essodon a fait savoir qu’en dépit des avancées enregistrées ces dernières années, le système judiciaire togolais reste confronté à de nombreux défis dans la prise en charge des cas de VGB. Il a mis en exergue les difficultés liées à l’appréciation des faits, l’insuffisante maîtrise du protocole national de prise en charge, à la complexité des preuves et au manque de coordination entre acteurs de la chaîne pénale.
« Cet atelier est un atout pour doter les acteurs d’outils techniques, juridiques et pratiques pour une meilleure application du cadre normatif et institutionnel de lutte contre les VGB et pour poser les bases d’un cadre harmonisé de collecte et d’analyse des données statistiques des cas de VGB au sein de l’appareil judiciaire », a-t-il souligné. Pour M. Ali c’est aussi une étape essentielle dans la construction d’une justice plus sensible au genre, aux VBG et plus efficace et protectrice des droits des victimes ».
La chargée de prévention des conflits et de cohésion sociale au PNUD, Mme Claire Lebreuilly, représentante de la résidente du PNUD au Togo, a fait remarquer que cet atelier est une continuité d’appui du PNUD aux institutions nationales dans leurs efforts de prévention et de réponses dans la lutte contre les VGB. Cette lutte, a-t-elle précisé, exige une approche coordonnée, collective et un espace d’échange entre pairs au niveau régional en vue de mieux identifier les défis persistants. Elle a exprimé sa gratitude à l’ensemble de tous les acteurs qui militent pour la bonne cause des populations.
ATOP/SG/TAL/SED






