
Aného, 23 août (ATOP) – Le peuple Guin de la préfecture des Lacs et de la diaspora se prépare à célébrer la 362ème édition de sa fête traditionnelle ‘’Epé-Ekpé’’. Les rituels religieux, spirituels et traditionnels devant marquer cette célébration ont été lancés, le vendredi 22 août à Aného.
Le lancement a été marqué par la cérémonie « Situtu Na Bosro Mafli », un rituel inaugural qui ouvre une série de cérémonies ésotériques de la nouvelle année Guin. « Situtu Na Bosro Mafli » est une cérémonie d’invocation des 41 divinités de la cosmologie Guin, de purification, de réconciliation, de paix et de sainteté par aspersion. Ce rituel prépare les prêtres et adeptes « Gêyehoé » au pèlerinage annuel à Avé-Gbatso, sanctuaire des divinités et les aide à recevoir en ce lieu saint la grâce, la paix et le bonheur.
Cette cérémonie de « situtu Na Bosro Mafli » a consisté à préparer l’eau sacrée dénommée « Tchèssi » constituée des eaux de la première pluie de l’année, des fleuves du Nil de Sétsè, de Densu, de la volta, du mono, du zio, du haho, de lili, du lacs-Togo et autres par un collège de prêtres traditionnels. Cette eau sacrée a été pour la circonstance aspergée sur l’assistance.

Plusieurs autres rites vont suivre à savoir Motata (préparation matérielle et spirituelle), Situtu Togbé Lankpa (purification), Avé-popo à Avé-Gbatso (pèlerinage), Nuali yoyo (culte des morts), sortie de togbé sron. On aura aussi Kpan Dzé Agbo, Kpan lé agbonou, Kpan yixo et autres.
Les rituels de la prise de la pierre sacrée ou Kpéssosso auront lieu le 18 septembre prochain à Glidji-Kpodji.
Le maire de la commune Lacs 1, Me Aqueréburu Coffi Alexis a expliqué les objectifs qui sous-tendent ce rituel spirituel et traditionnel. « Nous sommes profondément attaché à cette tradition afin qu’elle soit respectée aussi bien sur le plan ésotérique que culturel dans la rigueur parce que nous avons hérité ce rituel depuis 362 ans de nos parents et aujourd’hui, malgré la modernité, ce rite ne doit changer », a-t-il martelé.
Le représentant du trône Lolan, M. Egah Kouvahey Anoumou Yom a insisté sur l’importance du rituel dans la promotion de la paix et du vivre ensemble. Il a exhorté les prêtres à prier davantage afin que les rites du peuple Guin soient reconnus au patrimoine de l’UNESCO.
La cérémonie a mobilisé des autorités locales, traditionnelles, des prêtres et prêtresses, des adeptes ainsi que des délégations venues du Ghana, du Benin et d’ailleurs.
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