
Lomé, 1er nov. (ATOP) – La directrice des opérations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mme Yasmine Praz Dessimoz, a réaffirmé, le samedi 31 octobre à Lomé, l’engagement de son institution à poursuivre ses actions humanitaires au Togo, notamment dans les Savanes.
Mme Praz Dessimoz s’est exprimé au cours d’un point de presse, organisé dans le cadre de sa première visite au Togo depuis sa prise de fonction. Cette visite s’inscrit dans une mission régionale qui se déroule au Bénin, au Togo et en Côte d’Ivoire, du 24 octobre au 3 novembre 2026.
« En tant que directrice des opérations, je suis depuis Genève toutes les opérations du CICR dans le monde. Je me rends dans les contextes pour échanger avec les autorités, rencontrer les équipes et comprendre les réalités vécues par les communautés que nous accompagnons », a-t-elle expliqué.
Présent au Togo depuis 51 ans, le CICR entend renforcer sa coopération avec les autorités togolaises et les acteurs humanitaires nationaux. Selon Mme Praz Dessimoz, le passage du statut de mission à celui de délégation pour le CICR au Togo traduit l’importance accordée au rôle du pays dans la sous-région et sur le continent africain. « Le Togo joue un rôle important diplomatiquement dans la sous-région et sur le continent africain, et veut être un hub de conférences et d’engagements. Le fait d’avoir une délégation officielle nous permet d’engager différemment, d’amener des problématiques humanitaires et de porter notre voix dans un monde qui compte aujourd’hui plus de 130 conflits armés », a-t-elle souligné.
La responsable du CICR a également salué le rôle du Togo dans la recherche de solutions aux crises régionales, notamment à travers ses initiatives de médiation dans le conflit en République démocratique du Congo. Elle a estimé que les questions humanitaires peuvent contribuer à créer un cadre favorable au dialogue entre les parties.
Un appui aux populations des Savanes
Dans la région des Savanes, le CICR travaille en collaboration avec la Croix-rouge togolaise, et les institutions étatiques, notamment, le Programme d’urgence de renforcement de la résilience dans la région des Savanes (PURS) et la Commission nationale d’assistance aux réfugiés (CNAR). Ces interventions bénéficient aux personnes déplacées, aux réfugiés ainsi qu’aux communautés d’accueil. Elles portent notamment sur l’accès aux soins de santé, à l’eau et aux moyens de subsistance. « Nous avons constaté des améliorations concrètes, notamment dans l’accès aux soins de santé primaires, la réhabilitation des pompes à main et la réalisation de nouveaux forages », a déclaré Mme Praz Dessimoz. Elle a également cité la distribution de semences destinées au maraîchage, afin de permettre aux familles d’accroître leur production et de répondre aux besoins de communautés dont la population s’est accumulée avec l’arrivée de personnes déplacées.
Le CICR accompagne par ailleurs la construction de nouveaux locaux de la Croix-Rouge togolaise à Dapaong, dont l’inauguration est prévue avant la fin de l’année. Pour Mme Praz Dessimoz, le renforcement de la Société nationale est essentiel pour assurer une présence humanitaire crédible et durable sur l’ensemble du territoire.
La neutralité, un principe opérationnel
Abordant les principes d’humanité et de neutralité, la directrice des opérations du CICR a rappelé que l’organisation intervient auprès de toutes les parties aux conflits, sans prendre parti. « La neutralité n’est pas un principe que l’on décrète. Elle nous permet d’avoir accès au terrain, de dialoguer avec tout le monde et de jouer un rôle d’intermédiaire entre les parties », a-t-elle souligné. Elle a reconnu que ce principe est parfois difficile à comprendre dans les contextes fortement polarisés. Toutefois, les contacts établis avec les différentes parties permettent au CICR de faciliter des opérations humanitaires, telles que le transfert de personnes blessées, la réunification des familles ou l’évacuation de civils bloqués par les lignes de front.
Mme Praz Dessimoz a déploré la multiplication des conflits dans le monde et le non-respect croissant du Droit international humanitaire (DIH). Elle a appelé à replacer l’être humain au centre des préoccupations, estimant que les conséquences des guerres peuvent marquer les sociétés pendant plusieurs générations.
Au Togo, le CICR entend poursuivre ses activités de promotion du DIH auprès des forces armées, des universitaires et des étudiants. L’organisation prévoit notamment de développer, en partenariat avec l’Université de Lomé, les commissions nationales concernées et d’autres institutions, et organizer un concours consacré au DIH.
La directrice des opérations du CICR a réaffirmé la volonté de son institution de consolider ses partenariats au Togo et de poursuivre ses actions en faveur des populations vulnérables, dans le respect des principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance.
Le Comité international de la Croix-Rouge est une organisation humanitaire, neutre, impartiale et indépendante, qui est présente dans plus de 80 pays dans le monde. Elle a pour missions clés, l’assistance et la protection des personnes affectées par les conflits armés ou d’autres situations de violence, ainsi que l’accompagnement des États dans la mise en œuvre du Droit International Humanitaire.
ATOP/SED/KYA






