
Lomé, 27 août (ATOP) – « La promotion d’une information agricole fiable, accessible et orientée vers les solutions doit occuper une place centrale dans la transformation des systèmes agricoles en Afrique ». C’est le plaidoyer formulé par le président du Réseau des journalistes pour la promotion des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS), Gilles Podjoley, lors d’un atelier régional, les 26 et 27 août à Lomé.
Selon M. Podjoley, les mutations du secteur agricole imposent également une évolution du métier de journaliste spécialisé. « Aucune révolution agricole durable ne peut s’accomplir sans une révolution de l’information », a-t-il déclaré, appelant les professionnels des médias à aller au-delà de la simple couverture de l’actualité agricole. Le journaliste spécialisé est ainsi appelé à jouer un rôle accru dans la transmission des connaissances et la vulgarisation des innovations. Il doit devenir un « médiateur du savoir, un vulgarisateur scientifique, un éclaireur des politiques publiques et un veilleur de la sécurité alimentaire », a-t-il indiqué.
Cette responsabilité prend une nouvelle dimension avec l’essor de l’intelligence artificielle et des technologies numériques. « Le journaliste ne doit plus seulement raconter ce qui se passe dans le monde rural ; il doit contribuer à transformer ce monde en mettant la connaissance au service de l’action », a insisté le président du ReJPAH-AOS.
Rapprocher la recherche des producteurs

Gilles Podjoley a relevé les importants investissements réalisés dans la recherche agronomique, l’irrigation, la mécanisation, les semences améliorées, la santé animale, la pêche, l’agroécologie et l’entrepreneuriat rural. Malgré ces efforts, de nombreuses innovations restent encore peu connues des principaux bénéficiaires. Il a notamment souligné les difficultés rencontrées par les producteurs pour accéder aux informations relatives aux marchés, aux technologies numériques, aux prévisions météorologiques et aux bonnes pratiques agricoles. « Le défi qui nous rassemble aujourd’hui est donc immense : faire de l’information agricole un bien public stratégique », a-t-il souligné.
Le président du ReJPAH-AOS a, par ailleurs, exhorté les journalistes à promouvoir une presse agricole « rigoureuse, indépendante, responsable et résolument tournée vers les solutions ». « L’Afrique n’a pas besoin d’être le continent des potentialités éternelles. Elle doit devenir le continent des réalisations concrètes », a-t-il conclu, invitant les médias à accompagner activement la transformation du secteur agricole. Dans cette perspective, le ReJPAH-AOS entend créer un espace médiatique régional capable de rapprocher chercheurs, producteurs, décideurs, investisseurs et professionnels des médias. Le réseau prévoit également de renforcer les compétences des journalistes spécialisés et de promouvoir une information fondée sur les données scientifiques et les réalités du terrain.
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