
Par AMEKOUVO S. Akouétey
L’année 2023 appartiendra à l’histoire dans quelques heures. Une année marquée par une avalanche d’évènements sur les plans politique, économique, social, environnemental et bien d’autres. Les Togolais, tout en remerciant l’Eternel pour cette année qualifiée de « mitigée » au regard des différentes activités, nourrissent toutefois l’espoir d’une nouvelle année plus prometteuse et paisible.
Les élections, sujets d’attraction en 2024
Le gouvernement a annoncé des élections législatives et régionales “au plus tard à la fin du premier trimestre 2024”. Au sein de la population, un seul souhait, « des élections dans la paix ». « Notre désir est la paix dans le pays », a clamé Mme Baka Rosalie, commerçante au grand marché de Kpalimé.
« Nous voulons que ces élections se fassent dans la paix totale, la cohésion sociale et dans la compréhension mutuelle », a ajouté Mme Ahli Akou, professeur de Français/Histoire-géographie au CEG Nyivémé à Kpalimé.
Sur le plan politique, a commenté le jeune Oscar K., le gouvernement togolais doit passer aux actes et rompre avec « les beaux discours » alors que la population végète dans la misère. « Que Dieu veille sur le pays pour les prochaines échéances électorales afin que tout se passe dans la paix et la sécurité », un désir ardent de ce jeune d’une trentaine d’année en chômage.
Des souhaits tous azimuts
Mme Bawana Alice, fonctionnaire d’Etat lance un appel au chef de l’Etat et au gouvernement de revoir les salaires des fonctionnaires, de veiller à l’application du nouveau SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti), 52.500 F depuis le 1er janvier 2023 et de publier les résultats des différents concours de recrutement passés depuis 2020.
Sur le plan économique, Kpowolo Dieudonné, pasteur titulaire de l’Eglise des Assemblées de Dieu à Badougbé (Préfecture de Vo) abonde dans le même sens que Mme Bawana. Il interpelle les autorités du pays à veiller au respect du SMIG dans les entreprises. « Le salaire minimum de 52.500 F doit être respecté par les entreprises. Dans certains secteurs, les choses ne vont pas normalement, les ouvriers sont payés en deçà, c’est une aberration, l’Etat doit y veiller ainsi que sur les relations entre employeurs-employés », a confié le pasteur. Concernant les travaux publics, poursuit le pasteur, l’Etat doit prendre les dispositions pour contrôler les chantiers et payer à temps les entreprises afin d’éviter l’abandon des travaux.
L’éducation, le social, le sport…
« Sur le plan éducatif, le ministère doit contrôler les activités dans les établissements publics. Nous avons appris officiellement la suppression des cotisations parallèles. Mais dans certaines écoles, ces contributions sont demandées aux parents et ceux qui ne l’ont pas fait, n’ont pas reçu les bulletins du 1er trimestre 2023 de leurs enfants », s’est indigné cet homme de Dieu qui invite tous les acteurs à jouer leur partition en cette nouvelle année.
Sur les salaires des fonctionnaires, le pasteur Kpowolo exhorte le gouvernement à agir. « En faisant le tour de la sous-région, nous constatons que les fonctionnaires togolais sont sous payés. Les retraités souffrent beaucoup, ce qu’on leur donne est insignifiant », a-t-il poursuivi.
« Avec la grâce de Dieu, nous sommes en train de finir l’année, même si les activités n’ont pas marché comme on le voulait. Avec la nouvelle année, nous demandons au gouvernement de continuer par octroyer des prêts aux femmes pour relever leurs commerces », a dit Mme Baka commerçante à Lomé. Elle invite le gouvernement à prendre des initiatives pour créer des entreprises afin d’employer les jeunes, un moyen de lutter contre la pauvreté. « Nos enfants ont fini leurs formations et études mais faute d’emploi, ils sont à la maison », a regretté cette commerçante.
« Nous voulons que le gouvernement assiste les artisans en leur octroyant des prêts pour soutenir leurs activités, lance des concours en faveur des jeunes diplômés, finance nos mamans qui ont tout perdu dans l’incendie du marché de Agoé Assiyéyé. Nous voulons également que le gouvernement crée des centres de formation pour les jeunes », des vœux de Mme Ahli Akou.
« Je travaille avec la société Ebomaf en qualité d’électricien-plombier. En matière de traitement salarial, il y a une discrimination entre les ouvriers togolais et étrangers. Les Togolais sont mal payés, une situation que l’Etat togolais ne doit pas accepter. Notre souhait est qu’au cours de la nouvelle année, cette situation soit revue pour un traitement équitable des ouvriers », a laissé entendre ce jeune artisan qui a requis l’anonymat.
Mme Elyse Agossou, gérante d’une boutique d’alimentation générale attend du gouvernement « une subvention sur les produits de première nécessité, un contrôle des prix sur le marché et la diminution de certaines taxes sur les produits de première nécessité ».
Au plan sportif, d’après le journaliste, Théophile Togbey, il faut subventionner les sports de main et revoir le staff technique des équipes nationales de football ainsi que la mise en place d’une équipe de détection des talents en football à l’intérieur du pays.
L’électrification, les routes….
« Dans notre ville (Mango), il y a trop de laisser-à-aller. Au niveau de l’urbanisation, les gens construisent anarchiquement. Nos voies sont restreintes, il n’a pas d’électricité, le gouvernement doit revoir la route qui traverse la ville jusqu’au péage ; elle n’est pas électrifiée. La nuit, tout est sombre », a relevé l’entrepreneur Moussa Zougoundi. Il plaide également pour la création des espaces aménagés pour les activités sportives, une manière d’occuper les jeunes.
Ce qui manque à Mango, a avoué M. Nassoma Massaoudou, alias héros national, vendeur et réparateur de portables « c’est la route, depuis longtemps, on nous a promis la construction des routes ; jusqu’à présent c’est une promesse non tenue. Nous demandons aux cadres de l’Oti et aux gouvernants de travailler en conséquence pour donner à la ville, une autre image en 2024 ». Ce vendeur et réparateur de portable souhaite une bonne santé à la population et aux dirigeants du pays. Il estime que « s’il y a le travail dans le pays, tout va marcher bien et la population sera contente ainsi que les gouvernants ».
Décembre 2023, un mois « noir » pour les commerçants
De l’avis de certains Togolais, décembre 2023 est le mois le plus douloureux de l’année. Un mois qui a connu en moins d’une semaine, trois incendies plongeant dans l’amertume et la déception totale des commerçants. Ces incendies sont intervenus le jeudi 22 décembre au marché d’Agoè-Assiyéyé dans la commune Agoè-Assiyéyé 1, le 25 décembre dans l’une des plus grandes boutiques d’alimentation générale de la ville de Kara, « boutique Elino » et le mardi 27 décembre dans l’une des boutiques à Dapaong.
« La consternation en cette fin d’année. Nous avons le cœur meurtri. Que la nouvelle année nous épargne de ces situations dramatiques et les auteurs de ces crimes soient démasqués et punis », a confié dame Sarrah, revendeuse de tissu au marché d’Agoè Assiyéyé.
Des vœux pieux ou légitimes, à chacun d’apprécier. Comme le dit l’archevêque de Lomé, Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, que chacun fasse sa part pour la construction du Togo. Bonne et heureuse année 2024 à tous et à toutes.






