
Lomé, 15 déc. (ATOP) – Le révérend père catholique, Vincent Makoumayena, a organisé, le samedi 14 décembre à Lomé, la dédicace de sa 4è œuvre littéraire « Soka et Jimnaka : un couple franco-suisse nawda pour la mémoire ».
Ce livre de 114 pages est paru aux éditions Saint-Augustin Afrique. Il est composé d’une préface de Mgr. Joseph Bato’ora Ballong Wen Mewuda, d’un avant-propos, de 7 chapitres, qui sont entre autres, « A la recherche de Soka et Jimnaka : de Baga à Valence » ; « Vie familiale et insertion nawda de Soka et Jimnaka » ; « oeuvre et apport de Soka et Jimnaka à la culture nawda » et « Bawiena Badjabèla, l’hôte des Nicole », des remerciements et des annexes.
Cette œuvre est un hommage de la communauté nawda au couple Soka Jimnaka ou de leur vrai nom franco-suisse Jacques et Marie-Claire Nicole, à travers l’auteur Mankumayena Vincent. L’auteur a bien voulu faire ce geste au nom de sa communauté. L’œuvre revêt un caractère scientifique, culturel et anthropologique. Le livre retrace le processus de « nawdilisation », un néologisme utilisé par l’auteur pour illustrer l’intégration de Jacques et Marie-Claire Nicole à la société et à la culture nawda, compromitamment à leurs travaux scientifiques linguistiques sur le nawda. Le livre a également fait ressortir les travaux linguistiques du couple sur la langue parlée par les Nawda, notamment les travaux évangéliques de traduction de la parole de Dieu : le psaume, le dictionnaire français-nawdm et le livre de grammaire en nawda. L’abbé Makoumayena a également ressorti les valeurs intrinsèques des nawda qui sont, entre autres, l’hospitalité où en milieu nawda, l’étranger est un enfant ou considéré comme un dieu ; la gratitude ; l’intégrité ; l’ouverture d’esprit ; le rejet de la sorcellerie et le respect de la nature et de l’environnement.
“ Je suis Nawda, je ne suis pas Losso”
Par ce slogan, « Je suis Nawda, je ne suis pas Losso », l’auteur veut ressortir l’essence de la communauté Nawda d’où le « nawdalisme ». Il consiste à reconnaître la communauté Nawda, son peuple « Nawdba » et la langue parlée « Nawdm ».
L’abbé Makoumayena a indiqué que la problématique de ce slogan se trouve dans la revendication d’un droit naturel d’auto-identification. Ça veut dire que, dit-il, chaque personne, chaque peuple, chaque communauté a le droit naturel. « Ce n’est pas quelque chose qu’on revendique, c’est naturel de s’identifier soi-même. Je dois être capable et c’est un devoir pour moi de dire qui je suis. Moi, je suis Vincent Makoumayena, mon peuple est Nawda », a-t-il affirmé. Le prêtre dit que si quelqu’un l’appelle par un sobriquet ou une parole qu’il a inventée dans sa langue, lui, il n’a pas le droit de continuer par s’identifier par ce sobriquet. Donc, il faut rectifier cela. « Mais disons simplement qu’au point de départ, les ethnologues colons qui étaient ici ont fait un travail vraiment appréciable. La préface du livre le dit parce que c’est eux au moins qui ont commencé par écrire sur nous. Maintenant, il est temps que nous-mêmes, nous puissions corriger, rectifier ce qui n’était pas bien fait dans ce qu’ils ont fait et que nous apprécions. Alors, on comprend qu’il y a eu une erreur dans l’histoire et il faut corriger cette erreur, c’est ça. Le prêtre a donné l’exemple d’autres peuples du Bénin voisin, le nom Pilapila donné par les ethnologues est aujourd’hui refusé, ce peuple s’appelle désormais les Yoa. Ils parlent la langue qu’on appelle le Yom, de même que les Tamberma du Bénin qui sont appelés aujourd’hui les Betamaribe et la langue qu’ils parlent, c’est le Ditamari.
Vincent G. Makoumayena est prêtre du diocèse de Kara, membre de la Compagnie des prêtres de St Sulpice et formateur au Grand Séminaire St Jean-Paul II de Lomé au Togo.
ATOP/SED/KYA






