
Lomé, 18 mai (ATOP) – L’œuvre d’anthologie « La sixième décennie » a été dédicacée le vendredi 17 mai à Lomé, lors d’une cérémonie organisée par PEN-Togo, une association des écrivains, poètes, essayistes, nouvellistes du pays.
Cette œuvre publiée aux éditions Awoudy est constituée des extraits des poèmes des 44 écrivains togolais à raison de 33 séniors et 11 jeunes, au Togo et dans la diaspora. Elle couvre la période 2010 à 2020, ce qui représente la sixième décennie des auteurs togolais après l’indépendance du pays. Ce chef-d’œuvre est une contribution de PEN-Togo au paysage littéraire togolais. Il s’agissait de marquer cette époque, parce que c’est le moment où beaucoup de jeunes ont pu entrer dans la scène de l’écriture. Cette activité a eu l’appui de la Commonwelth Foundation qui a cru en ce projet et a appuyé le pays à travers l’association PEN-Togo dans cette initiative.
Le secrétaire de PEN-Togo, Renaud Ayi Dossavi a indiqué qu’après la première anthologie qui couvre les 50 premières années après les indépendances, « Nous avons eu envie de continuer dans cette lignée-là, montrant justement ce qui s’est passé entre 2010 et 2020, donc la sixième décennie des poètes du Togo. C’est à la fois un travail d’archives, d’histoire, de mémoire, mais également de célébration de l’écriture togolaise. Il s’agit de montrer qu’après les classiques, il y a aussi des jeunes qui continuent de produire et portent de plus en plus loin l’écriture togolaise. On est déjà très content de ce qui est déjà fait, de voir que de plus en plus de gens se libèrent ».
Le critique littéraire de l’œuvre, Krouma M’Biémadi, enseignant chercheur à l’Université de Lomé, a abordé sa critique sur trois aspects. D’abord, il a défini le mot anthologie qui vient du grec, anthos. Au sens premier du terme, une anthologie, c’est un recueil de meilleures fleurs du jardin. « Et sans être excessif, j’avoue que j’y ai trouvé les meilleures fleurs du jardin togolais pendant cette décennie. Je me suis d’abord demandé comment ils se sont pris pour faire le choix des textes. Donc, ils étaient face au défi de la qualité. Et je peux assurer qu’ils l’ont relevé ».
Le second aspect est le traitement mosaïque du travail. Le mot mosaïque évoque la diversité et l’unicité. La mosaïque, c’est un mot qui vient du langage de l’architecture, de l’art, de l’art plastique, qui évoque un pot à plusieurs œuvres. Ici, mosaïque fait référence à la diversité des poètes qui ont écrit les poèmes qui ont été répertoriés, mais aussi à leur unicité. Ils sont divers, mais ils répondent au même désir. Le désir d’écrire, de s’exprimer, de dire son être, son expérience singulière. « Ce recueil ressemble des poètes divers, de point de vue de leur âge. J’ai trouvé des poètes qui sont nées en 1878, peut-être d’autres avant. J’ai trouvé des poètes qui sont nées en 2000. Donc, c’est un défi de mettre dans le même livre et de trouver des points communs », a-t-il expliqué.
Le troisième aspect, c’est le zeitgeists en allemand, qui signifie l’ambiance du moment, le temps ou la mode. C’est une nouvelle génération d’écrivains qui profitent par exemple des réseaux sociaux, de l’ordinateur, et des Technologies de l’information et de la communication (TIC) pour se lancer dans l’écriture.
Le critique a par ailleurs jugé que cette œuvre d’anthologie est un défi relevé, parce qu’il a su collectionner les meilleures œuvres du moment, crée l’harmonie entre séniors et jeunes, et surtout pris en compte les réalités du moment pour faire un tout bien digeste.
ATOP/KYA/AJA






