
Tsévié, 19 mai (ATOP) – Le ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance a ouvert, le lundi 18 mai à Tsévié, un atelier pour la lutte contre les grossesses précoces, les mariages d’enfants et les violences basées sur le genre (VBG) dans la préfecture de Zio.
Présidée par la ministre Moni Sankaredja-Sinandja, la cérémonie a réuni, entre autres, des chefs de canton, des conseillers municipaux, des leaders religieux ainsi que des représentants d’associations de femmes et de jeunes. Le gouverneur de la région Maritime, Taïrou Bagbiegue, le préfet de Zio, Gadewa Mawouna, et le représentant du maire de la commune Zio1 ont également honoré de leur présence cette rencontre.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme national de lutte contre les grossesses et les mariages chez les adolescentes (2023-2027), élaboré par le gouvernement pour renforcer la protection et l’autonomisation des filles. L’objectif est de créer un environnement propice à la scolarisation et au maintien des jeunes filles dans les établissements scolaires et les centres de formation professionnelle.

Durant deux jours, les participants suivront des modules sur la scolarisation de la jeune fille, les droits en santé sexuelle et reproductive, les violences basées sur le genre, ainsi que la communication entre parents et enfants sur les questions de sexualité. Des travaux de groupe permettront d’identifier les causes et conséquences des grossesses précoces, des mariages d’enfants et des violences, ainsi que les obstacles à la scolarisation des filles. Les participants élaboreront ensuite les plans d’actions communautaires destinés à orienter les activités de sensibilisation, de veille et d’accompagnement dans les différents cantons de la préfecture. Des cellules communautaires de veille seront installées et élaboreront des plans d’actions pour la lutte contre les VBG.
Les participants se sont publiquement engagés, en prononçant la main levée, cette phrase « Pour la lutte contre les grossesses précoces et les VBG dans le Zio, je m’engage ». Ensuite des supports de sensibilisation ont été remis aux participants. Il s’agit des recueils de textes juridiques, des guides sur les droits en santé sexuelle et reproductive, ainsi que des outils de communication parents-enfants.
La ministre Sankaredja-Sinandja a rappelé l’ampleur du phénomène au Togo. Au cours de l’année scolaire 2024-2025, 2 284 cas de grossesses ont été enregistrés en milieu scolaire, répartis entre 17 cas au primaire, 1 319 au premier cycle du secondaire et 948 au second cycle. Par ailleurs, 325 filles mineures ont été victimes de mariage en 2020, tandis que 32 % des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans, selon l’Enquête démographique et de santé de 2013-2014.
« Vous avez la responsabilité de proposer des actions pertinentes, efficaces et novatrices dont la mise en œuvre contribuera à créer, dans la préfecture de Zio, un environnement favorable à l’éducation et au maintien des filles à l’école », a indiqué Mme Sankaredja-Sinandja.
Le préfet Gadewa Mawouna a salué cette initiative, la qualifiant de « réponse concrète à des défis sociaux, éducatifs, sanitaires et économiques majeurs ». « Les grossesses précoces, les mariages d’enfants et les violences basées sur le genre compromettent l’avenir de nombreuses adolescentes, fragilisent les familles et freinent le développement harmonieux de nos communautés », a-t-il souligné.
Après l’étape de Zio, des ateliers similaires se dérouleront dans les préfectures de Vo et de Kloto afin d’étendre ce dispositif communautaire de prévention et de protection à d’autres localités du pays.
ATOP/AM/SED/KYA






