
Casablanca, 26 déc. (ATOP) – Ancien symbole du culte catholique à Casablanca, la cathédrale du Sacré-Cœur a changé de vocation. Désacralisé depuis plusieurs années, l’édifice, qui ne sert plus à la célébration des messes, a été reconverti en centre culturel et espace d’expositions, tout en conservant son imposante architecture.
Construite à partir de 1930, à une époque où la communauté chrétienne européenne était fortement implantée dans la capitale économique marocaine, la cathédrale du Sacré-Cœur a longtemps été un lieu central de la vie religieuse catholique. Mais avec l’indépendance du Maroc en 1956 et le départ progressif d’une grande partie de cette communauté, la fréquentation de l’édifice a diminué, rendant son entretien de plus en plus difficile.
Selon l’abbé André Keumaleu, prêtre du diocèse de Bafang au Cameroun, actuellement en mission au Maroc, « plus le nombre de chrétiens diminue, plus il devient compliqué d’assurer l’entretien de bâtiments aussi vastes. Les coûts sont élevés et certaines églises ont dû être fermées ». Le religieux rappelle le contexte confessionnel du pays. « La religion de l’Etat, ici au Maroc, est l’islam. Les chrétiens présents sont essentiellement des étrangers. Avec le temps, la communauté s’est réduite, ce qui a conduit à une réorganisation des lieux de culte », souligne-t-il.
Aujourd’hui, les célébrations catholiques se concentrent notamment à l’église Notre-Dame de Lourdes, également située à Casablanca, où environ 800 fidèles se retrouvent régulièrement. « Il y a d’autres églises où l’on ne célèbre plus rien. Elles sont fermées, faute de moyens pour les entretenir et en raison de la baisse du nombre de fidèles », précise l’abbé Keumaleu.
Désormais dédié à la culture, l’ancien édifice religieux accueille expositions et événements artistiques, offrant une seconde vie à ce monument emblématique.
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