
Atakpamé, 14 jan. (ATOP) – L’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF) a organisé, le vendredi 13 janvier à Atakpamé, une rencontre-bilan de mise en œuvre du projet « approches multisectorielles et transformatrices des rites et initiations pour les droits en santé sexuelle et de la reproduction des adolescentes ».
Cette rencontre a réuni tous les acteurs stratégiques des Plateaux notamment les maires des communes ciblées, les représentants de l’éducation, de la santé, de la justice, de la chefferie traditionnelle et des organisations de la société civile impliqués. Elle a bénéficié de l’appui financier du Centre de recherche pour le développement international (CRDI) du Canada.
L’objectif est de présenter les actions menées dans le cadre de ce projet. Il est aussi question de renforcer l’implication de ces acteurs dans la mise en œuvre du projet, afin de pérenniser les approches efficaces pour la réduction significative des grossesses des adolescentes et la promotion de la parité entre les genres.
Les travaux ont permis de partager avec les participants, les principaux résultats de la phase pilote de 2018-2021, faire le bilan de 2022 de la deuxième phase du projet, et présenter les grands défis et orientations à venir.
Il ressort des rapports qu’au cours de la phase pilote, le projet avait ciblé huit collèges de huit communes à l’échelle nationale. Il s’agit des CEG d’Aképé-Noepé, Gboto, Gléi, Okou, Kétao, Nadoba, Cinkassé et Mango. Les deux établissements scolaires de la région des Plateaux notamment les CEG Gléi (Ogou) et Okou (Wawa) au cours de l’année académique 2017-2018 ont enregistré respectivement 12 et 4 cas de grossesses précoces. En 2020-2021, ces cas ont considérablement diminué passant de 12 à 3 cas soit 75% de réduction pour le GEG Gléi ; de 4 à 2 cas soit 50% de réduction pour celui d’Oklou. Parmi les huit établissements, seul le CEG Kétao est passé de 12 à 0 cas de grossesses au cours de la même période, soit 100% de réduction. Le taux moyen de réduction est de 80,25% sur le plan national.
La deuxième phase du projet qui couvre la période de 2021-2024 souligne le rapport, cible 250 collèges de 50 communes du Togo excepté celles de la région centrale. Pour le compte de la région des Plateaux, 75 établissements de 15 communes sont ciblés. Le bilan indique que dans la région des Plateaux, sur 14.847 filles inscrites pour l’année académique 2020-2021, 286 sont tombées enceintes et 238 cas de grossesses ont été également signalés pour un total de 14.790 filles de 2021-2022, soit un taux de réduction de 16,78% contre 26,52% sur le plan national.
Le rapport révèle également que le budget de mise en œuvre prévu pour cette deuxième phase du projet est de 557.972.865 F CFA. Un montant de 195.445.681 F CFA soit 35,02% du budget ont été dépensés pour la 1ère année allant de septembre 2021 à août 2022. En perspectives, il est prévu entre autres le renforcement des capacités des conducteurs de taxi-motos et de 1.057 comités communautaires.
Par ailleurs, une étude de rites et initiations a été menée par l’équipe de projet. Il ressort donc de cette étude que 18 rites et initiations ont été dénombrés (sur un total de 78) dont 10 ont des liens avec la vie génésique de l’adolescente dans la région des Plateaux. Le taux de ces rites et initiations qui ont des liens avec la survenue des grossesses est de 55,5% contre 39,4% sur toute l’étendue du territoire.
La directrice exécutive de l’ATBEF, Koévi-Koudam Noélie a indiqué que la baisse considérable des grossesses des adolescentes a été rendu possible grâce à l’amélioration des rites initiatiques et autres pratiques qui influencent la survenue de grossesse précoce ; aux changements positifs dans les considérations des rapports sociaux fille-garçon et hommes-femmes dans les communautés ciblées, et à la forte implication des procureurs et autres avec l’application effective des lois et textes. Elle a exhorté tous les acteurs à redoubler d’efforts afin de parvenir à enrayer ce fléau qui constitue un frein à l’épanouissement des jeunes filles.
Le secrétaire général de la commune Ogou 1, Pinizi Kossi a témoigné sa reconnaissance à l’ATBEF pour cette initiative et invité tous les acteurs à une synergie d’actions afin de parvenir à la réduction des grossesses précoces au sein des collèges d’intervention. Il a témoigné sa gratitude à tous les partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement.
Les 15 communes d’intervention du projet dans les Plateaux sont Kpélé1 et 2, Danyi1 et 2, Amou 2, Haho1,2,3 et 4, Moyen-Mono 1, Ogou1,2 et 3, Amou1 et 3.
ATOP/YI/BA






