
Lomé, 13 déc. (ATOP)- La branche togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a renforcé les capacités des journalistes, le vendredi 12 décembre à Lomé, autour du thème : « Réduction des financements des Droits en Santé Sexuelle et Reproductive/ Planification Familiale (DSSR/PF) : quels effets concrets sur les femmes et les jeunes ? »
Cette rencontre s’est tenue dans le cadre du « Rendez-vous du REMAPSEN », une formation organisée grâce au financement du Partenariat de Ouagadougou. Elle vient en prélude à la réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO), que le Togo abrite du 16 au 18 décembre.
M. Apoété Zekpa, secrétaire éexécutif du Réseau des champions en plaidoyer pour le financement adéquat de la santé au Togo (RCPFAS-Togo) a entretenu les professionnels des médias sur le thème articulé en 4 sous points : Cadre légal et stratégique national ; Programmes & initiatives opérationnelles ; Etat des lieux DSSR/PF ; Impacts concrets sur les femmes et les jeunes.
Progrès importants, des défis persistent
« Le Togo a accompli des progrès notables dans le domaine des droits et de la santé sexuelle et reproductive (DSSR), en particulier en matière de planification familiale (PF), à travers l’élaboration de politiques nationales, la mobilisation de partenaires et le déploiement de services ciblés », a expliqué M. Zekpa. Toutefois, fait-il remarqué « l’accès équitable aux services reste confronté à plusieurs défis, notamment la persistance des besoins non satisfaits, les disparités régionales, les barrières socioculturelles et les contraintes financières ».
Il est revenue sur quelques indicateurs clés relatifs aux résultats sanitaires et au prestation de services en matière de SR/PF notamment le taux de mortalité maternelle, 399 décès pour 100 000 naissances vivantes, l’indice synthétique de fécondité, 4,20; le taux de prévalence de la contraception moderne, 26,3 % ; les besoins non satisfaits en matière de contraceptifs, 23,5% et les besoins non satisfaits chez les adolescents, 48,8%. A partir de ces données, l’expert a estimé que 82 % du financement dépend des partenaires techniques et financiers, révélant une forte vulnérabilité du système sanitaire du pays. L’orateur a également souligné que l’arrêt brutal en 2024 de certains programmes majeurs financés par le gouvernement américain, dont le SPAMPF, auparavant pilier du financement de la planification familiale a eu des effets remarquables, ce qui a fragilisé l’accès aux services essentiels pour les femmes, les adolescentes et les jeunes.
En dépit de la diminution des financements pour la DSSR/PF, reconnait-il, des résultats notables ont été atteints : amélioration de l’accès aux services, renforcement des capacités et implication des jeunes. Ces effets concrets restent néanmoins menacés par la faiblesse des ressources disponibles, soulignant l’urgence de renforcer les investissements nationaux et l’efficacité des actions.
La diminution du financement pourrait avoir des impacts sur les femmes : grossesses non désirées, augmentation d’avortements à risque, accès réduit en zones rurales, risque accru mortalité maternelle, moins de prise en charge VBG, hausse mariages précoces. Au niveau des jeunes, moins d’éducation sexuelle, moins de pairs éducateurs, hausse IST/VIH, grossesses précoces, barrières financières et hausse avortements clandestins.
De la nécessité de mobiliser des « ressources domestiques »
Le chef de la Division santé de la mère et de l’enfant (DSME), Dr Abram Amétépé Agossou, a relevé que la planification familiale contribue énormément à la réduction de la mortalité maternelle : Au Togo, nous enregistrons 362 décès maternelles sur 100 000 naissances vivantes alors que l’État doit atteindre d’ici à 2030, moins de 70 décès sur 100 000 naissances vivantes.
Depuis février 2024, dit-il, « les financements extérieurs deviennent imprévisibles ». Face à cette incertitude, il appelle à renforcer la mobilisation des « ressources domestiques », notamment par l’État et les collectivités locales.
Mme Ambroisine Mèmêdé, coordinatrice du REMAPSEN-Togo a salué les progrès réalisés en matière de santé sexuelle et reproductive grâce à d’importants appuis financiers, qui ont favorisé la rédaction de la mortalité maternelle et renforcé les services de PF pour les jeunes et les adolescents. Aujourd’hui, avoue-t-elle, nous sommes confrontés à un défi lié à la dépendance financière externe et aux besoins non satisfaits.
Pour elle, la problématique de l’impact de la réduction du financement des DSSR/PF sur les femmes et les jeunes est un sujet pertinent et cette rencontre a permis « aux journalistes de disposer de ressources fiables pour mieux informer, analyser et sensibiliser ».
Ce nouveau rendez-vous du REMAPSEN est la seconde rencontre en ce mois de décembre après celle du 8 décembre consacrée aux enjeux liés au handicap et à l’inclusion.
ATOP/AJA/DHK






