
Lomé, 30 avr. (ATOP) – Le secrétaire général du ministère de la Sécurité, commissaire divisionnaire de police, Kadja Hodabalo-Pitemnewé, a lancé la dissémination du « rapport d’évaluation des obstacles au déploiement du personnel féminin des forces de sécurité du Togo dans les missions de paix », au cours d’un atelier le jeudi 30 avril à Lomé.
Le rapport présenté met en évidence les obstacles institutionnels, opérationnels, socioculturels et logistiques. Il révèle également que les femmes policières togolaises disposent des compétences nécessaires pour contribuer pleinement aux missions de paix.
L’objectif visé par cette évaluation est d’améliorer l’intégration effective des femmes au sein des forces de sécurité pour qu’à la fois, leur besoin personnel puisse être pris en compte et qu’en termes de quantité, leur nombre soit augmenté et, leur participation aux missions de paix soit plus récurrente.
Ce rapport fait ressortir trois principaux thèmes clés, qui limitent l’intégration des femmes au sein des Forces armées togolaises (FAT) et leur déploiement au sein des missions de paix. Le premier, selon l’expert en méthodologie d’évaluation MOWIP, Kadjo Esso-Essinam, est la contrainte domestique. « Généralement les femmes ont des contraintes à la maison en termes de garde d’enfants, de prise en charge des membres de la famille. Elles ne disposent pas suffisamment de liberté pour aller servir aux forces de sécurité et même être déployée dans les missions de paix », a-t-il expliqué.
Le deuxième d’après, l’expert, est lié aux infrastructures des opérations de maintien de paix (les kits de déploiement de paix) qui n’intègrent pas certains besoins spécifiques des femmes. Il a évoqué en exemple les uniformes qui ne prennent pas compte de la morphologie spécifique des femmes (les gilets par balle) et qui gênent la poitrine de la femme.
Le troisième point est l’exclusion sociale. « Les femmes intégrant tardivement l’armée, des stéréotypes et des manières de penser à leur attention font qu’elles ne sont pas considérées au même titre que les hommes », a fait savoir M. Kadjo.
Plusieurs recommandations, notamment la construction des garderies dans les casernes à Lomé et si possible à l’intérieur du pays, pour permettre aux femmes qui ont des enfants de bas âge de pouvoir venir les déposer et être libres pour vaquer à leurs occupations. Il a été également souhaité la création d’un magazine, pour mettre en lumière le rôle que les femmes jouent au sein des FAT et amener ces dernières à s’inspirer de leurs ainées pour être motivé à servir dans les forces de sécurité.
M. Hodabalo-Pitemnewé a rappelé que les Nations unies, à travers la Résolution 1325, encouragent les Etats à lever les obstacles à leur pleine participation. Il a rassuré que le Togo, fidèle à ses engagements, poursuit ses efforts de professionnalisation des forces de sécurité.
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