
Sotouboua, 30 avr. (ATOP) – Trente chefs traditionnels et praticiens de la médecine traditionnelle communément appelés « Charlatans », ont été outillés au respect des droits de l’Homme, le mercredi 29 avril à Sotouboua.
Cette initiative de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), antenne régionale de Sokodé est placée sous le thème : « Pratiques traditionnelles et respect des droits de l’Homme ». Elle vise à promouvoir une meilleure prise en compte des droits de l’Homme dans les pratiques coutumières, notamment dans le règlement des différends communautaires concernant les affaires de sorcellerie.
Les participants ont été éclairés sur les notions fondamentales des droits de l’Homme, les limites des pratiques traditionnelles face aux lois en vigueur ainsi que sur les conséquences des violations des droits humains. Les échanges ont également permis de mettre en lumière certaines pratiques néfastes, telles que les accusations de sorcellerie ou les traitements dégradants qui doivent être bannies au profit d’approches respectueuses de la dignité humaine.
Ces modules ont été développés par le procureur de la République, près le tribunal d’instance à compétence civile et correctionnelle de Sotouboua, Oumorou Abasse. Il a fait comprendre que le juge ne nie pas l’existence de la sorcellerie mais il voudrait que dans le traitement de ce problème, ni le chef, ni le charlatan ne perdent pas de vue le respect des droits de l’Homme. Parfois certains charlatans ou chefs exagèrent dans la manière de traiter le problème, car il arrive que certains violentent ceux qui sont accusés de sorcellerie et les soumettent à des traitements inhumains et dégradants, voire même détruisent leurs biens, a déclaré M. Oumorou. Il a convié ses interlocuteurs à respecter la dignité humaine et les droits de l’Homme dans le règlement des différends sous peine de sanction.
Le préfet de Sotouboua, Pali Tchabi Passabi a salué cette activité dans un contexte où certaines pratiques traditionnelles suscitent des préoccupations en matière de respect de la dignité humaine. Il a exhorté les chefs et les charlatans à traiter les affaires de la sorcellerie dans la justice, la paix, la cohésion, la tranquillité et surtout dans la promotion du vivre ensemble.
La cheffe d’antenne CNDH Sokodé, Mme Djobo Minté a rappelé la mission de son institution qui est de promouvoir, de protéger et de défendre les droits de l’Homme. Elle a demandé aux acteurs traditionnels d’intégrer les principes des droits humains dans la gestion des conflits, les pratiques de guérison et les rites coutumiers.
Les participants ont reconnu l’importance de concilier traditions et respect des droits de l’Homme dans la régulation sociale et la résolution des conflits au niveau communautaire. Ils se sont engagés à relayer les messages reçus dans leurs différentes localités et à proscrire les pratiques contraires aux droits de l’Homme.
ATOP/BTP/MEK/GMM






