
Tchamba, 23 mai (ATOP) – Les membres du cadre de concertation pour la protection de l’enfance de la préfecture de Tchamba, ont passé en revue les différents cas de violences, abus et traites répertoriés de juillet 2023 à ce jour. C’est à la faveur d’un atelier dénommé « Conférence cas » tenu le mercredi 22 mai dans la commune Tchamba 1.
La conférence de cas est une activité du projet « Renforcement de la société civile pour la lutte contre les violences de genre au Togo ». Ce projet est mis en œuvre à Tchamba par l’ONG Programme d’appui à la femme et à l’enfance déshéritée (PAFED) avec le financement de Plan International Togo.
Les participants ont relevé les activités menées par le cadre en matière de protection de l’enfance durant la période susmentionnée. Ils ont également réfléchi sur les voies et moyens pour mieux résoudre les différents cas de violences, abus et traites.
La présentation des cas a été faite par le directeur préfectoral de l’Action sociale, Abotchi Kwaku, président de la coordination dudit cadre. De juillet 2023 à mai 2024 (11 mois), le cadre a recensé 7 cas d’abus sexuels (incestes et viols), 10 cas liés au mariage précoce et forcé, 12 cas de traites, 7 cas de négligence, 4 cas d’enlèvement et de séquestration de filles, 2 cas de violences exagérées et 2 cas d’enfants dits « sorciers ». La plupart des victimes sont des filles.
Ces différentes situations ont été gérées par le cadre et ses partenaires, entre autres l’Action sociale, la chefferie traditionnelle, la police et la gendarmerie, les centres de santé, Plan international Togo, et les ONG PAFED et Creuset Togo.
Cas de tortures et viols
En avril dernier, dans la commune Tchamba 2, une petite fille de 8 ans est ligotée puis molestée par son père, au point de la rendre invalide, sous le regard impuissant de sa mère. Son forfait est d’avoir vendu un bol de maïs pour s’acheter une paire de sandalettes. Le cas a été dénoncé par un voisin. L’enfant a été évacuée au Centre hospitalier régional (CHR) de Sokodé. Après les soins, elle est actuellement prise en charge avec sa mère par Creuset Togo. Le papa est déféré.
Juillet 2023, dans une autre localité de la commune 2. Une fille de 13 ans, envoyée par sa maman pour payer la bouillie, est abusée sexuellement par un conducteur de taxi moto. Ce dernier suivait la fille, et a saisi le moment où elle voulait se soulager pour commettre l’acte. Le viol est confirmé par des examens médicaux, la petite est prise en charge, et l’auteur emprisonné.
Il ressort des statistiques que les différents abus restent liés aux normes et croyances qui influencent la vie sociale dans le milieu. Beaucoup de cas ne sont pas dénoncés, ou alors les dénonciations sont parfois tardives, surtout pour les abus sexuels. En effet, l’influence des relations intra-familiales, religieuses, traditionnelles aboutissent à une gestion à l’amiable, tandis que les victimes sont traumatisées à jamais.
Les trois communes de la préfecture ont été représentées pour apprécier les résultats. A la suite de l’analyse des difficultés et résultats, il ressort que la gestion de certains problèmes délicats peut créer des conséquences négatives multiples que positives. Une réflexion est envisagée au cours d’autres séances pour mener ses réflexions en tenant compte des réalités dans le respect de la loi. Le cadre de concertation envisage accentuer la sensibilisation pour amener les acteurs communautaires à une franche collaboration pour dénoncer les différents abus et amener les populations à changer de mentalité.
Le cadre de concertation est créé en 2011 par arrêté du ministère de l’Action sociale avec l’appui de l’UNICEF. Il existe dans toutes les préfectures du Togo sous la coordination des services de l’action sociale et est composé des représentants de tous les services étatiques et des membres des organisations de la société civile qui œuvrent en matière de protection des enfants.
ATOP/JK/MEK






