
Sokodé, 16 déc. (ATOP) – L’association Petite sœur à sœur (PSAS) a sensibilisé, respectivement, les 14 et 15 décembre, les populations du village de Kasséna et du canton de Wassarabo, dans les communes Tchaoudjo 2 et 4, sur l’exode rural et ses conséquences.
La démarche s’inscrit dans le cadre du projet « Amélioration des conditions de vie et de la santé des filles et des jeunes femmes vulnérables et leurs familles », initié par cette association en partenariat avec Action Medeor et le Ministère fédéral allemand chargé de la coopération économique et du développement (BMZ). Des leaders communautaires, parents, élèves et apprenti(e)s au-devant desquels le chef du village de Kasséna, Kougnerma Abalgou et le représentant du chef du canton de Wassarabo, Agodomou Maroufou ont pris part à ces séances publiques. Elles visent à conscientiser la jeunesse sur l’exode rural et ses conséquences dans la vie des populations et de la cité afin de réduire le phénomène.
Les animateurs, M. Gerson Déké, comptable et Mme Djinso Akpénè, sage-femme de l’association PSAS, ont, à travers un sketch sur le phénomène de l’exode rural, rappelé à leurs interlocuteurs les causes et les conséquences de ce phénomène. Les intervenants ont défini l’exode rural comme un déplacement durable de populations, notamment les jeunes quittant les zones rurales pour s’implanter dans les milieux urbains en quête du mieux-être. Il a été relevé que l’extrême pauvreté, la précarité et la misère qui caractérisent souvent les milieux ruraux, justifient la plupart du temps ce choix risqué, parfois attisé par l’influence de ceux qui reviennent souvent de la ville.
Les orateurs ont également souligné la responsabilité de certains parents qui poussent leurs enfants surtout filles vers les villes considérées comme un eldorado. M. Déké et Mme Djinso se sont appesantis sur les conséquences de ce phénomène. Ils ont cité, entre autres, la création de bidonvilles, l’accroissement de la délinquance et de la criminalité, le développement de la prostitution chez les filles et de la consommation de drogue chez les garçons, les risques de maladies telles que les IST/VIH/Sida et mentales, la dépression, la prison et parfois la mort si des mesures urgentes ne sont pas prises pour la réinsertion. Les exposés ont donné lieu à des séquences de questions-réponses.
Les deux communicateurs ont ensemble avec les populations identifié les approches de solution pour réduire ce phénomène. Ils ont montré à la jeunesse les avantages à rester dans son milieu d’origine et les différentes opportunités qui existent dans leurs localités et qu’ils peuvent saisir pour réussir. Il a été demandé à la jeunesse de rester chez soi, de se créer des activités génératrices de revenus, de poursuivre leurs études ou d’apprendre un métier avant tout projet d’installation en ville.
Adhésion des populations aux messages
Très réceptifs aux messages et désormais conscients des risques encourus en ville sans aucune qualification, les populations en l’occurrence les jeunes ont promis rester chez eux. « Je suis très reconnaissant à l’association PSAS. A travers le sketch, les acteurs nous ont fait rire tout en nous donnant de bonnes leçons pour la vie. Et avec tout que nous avons entendu, je pense que personne ne devrait aller s’installer en ville sans avoir son BAC ou sans avoir appris un métier », a laissé entendre un jeune de Kasséna.
Même son de cloche chez une jeune fille à Wassarabo : « Moi je veux faire comme ma sœur. Elle a appris la coiffure et aujourd’hui elle a ouvert son atelier et gagne bien sa vie chez nous ici. On n’a pas besoin d’aller en aventure pour être heureuse », a-t-elle renchérie
Le chef de Kasséna et le représentant du chef du canton de Wassarabo ont remercié l’association pour son initiative salutaire. Ils ont promis continuer les sensibilisations dans leur localité.
Créée en 2009, l’association PSAS œuvre pour le bien-être des enfants et des jeunes filles vulnérables.
ATOP/MEK/KYA






