
Sokodé, 24 nov. (ATOP) – En tournée nationale, une délégation du ministère des Enseignements primaire, secondaire et technique, conduite par le conseiller juridique du ministre, Ferrand Senyikey a informé et sensibilisé les élèves des lycées technique et moderne, sur les « violences à caractère sexuel » le jeudi 23 novembre à Sokodé.
La tournée s’inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration de la qualité et de l’équité de l’éducation de base au Togo (PAQEEB). Démarrée dans la région des Savanes, elle était au lycée technique de Sokodé, à la clôture de l’étape de la région Centrale. L’objectif est de contribuer par l’information et la sensibilisation à mettre fin aux violences à caractère sexuel dans les établissements scolaires au Togo.
La séance a été animée par M. Senyikey, la responsable de la cellule genre du ministère des Enseignements, Françoise Simala et d’autres intervenants, en présence du directeur régional de l’éducation Centrale, Adamah Kankoué. Les intervenants ont sensibilisé la communauté éducative et particulièrement les apprenants sur les violences à caractère sexuel et sur les dispositifs juridiques, notamment la loi relative à la protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel mis en place pour réprimer et prévenir ces violences. Les orateurs ont également entretenu les apprenants sur la dénonciation de ces violences, les mécanismes de dénonciation et les structures de prise en charge. Ils ont aussi attiré l’attention des élèves sur les comportements à risques et leurs conséquences sur leur scolarité, notamment la sexualité irresponsable et les grossesses précoces qui peuvent en découler et entraver leur scolarité. Les communicateurs ont, en outre, éclairé leurs interlocuteurs sur l’importance de la scolarisation de la jeune fille et les rôles et responsabilités des parents dans la vie éducative des apprenants. Ils ont rappelé aux apprenants les valeurs civiques et morales et souligné la nécessité de respecter ces valeurs.
M. Senyikey a fait savoir que face à la recrudescence des violences en milieu scolaire, le gouvernement a pris des mesures, à travers l’adoption de la loi en 2022 relative à la protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel. Il a précisé que cette loi contient des mesures de répression à l’égard de toutes formes de violences qui sont exercées sur les apprenants. L’orateur a ajouté que pour l’efficacité de cette loi, des dispositifs de dénonciation sont prévus, notamment le recours à l’administration éducative et l’utilisation du numéro vert 8250 qui est totalement anonyme et qui permet aujourd’hui de dénoncer tous les actes de violences à caractère sexuel. Faisant le point de la tournée, le conseiller juridique du ministre a exprimé son sentiment de satisfaction au regard de l’attention que les apprenants ont accordé au message qu’ils leur ont apporté. M. Senyiké s’est réjoui également de l’implication de la communauté éducative, notamment les proviseurs, les enseignants et les parents dans la lutte contre ces violences.
Une initiative appréciée par les participants
Le proviseur du Lycée technique, Akpo Gado, avec à ses côtés son collègue du Lycée moderne, Kondo Bouhari a salué cette tournée. « La loi de protection contre les violences sexuelles est déjà vulgarisée dans nos établissements et cette délégation vient appuyer ce que nous faisons déjà. Nous les remercions et promettons également de continuer la sensibilisation pour protéger nos jeunes filles et nos jeunes garçons qui sont victimes des violences en milieu scolaire », a-t-il ajouté.
L’initiative est également louée par les apprenants. « Grâce à cette sensibilisation, nous connaissons aujourd’hui ce que c’est que les violences à caractère sexuel, comment elles se manifestent et quoi faire quand nous en sommes victimes. Nous devons tous changer de comportements pour ne pas subir la rigueur de la loi », a confié Hantou Watara, élève en 2è année de mécanique générale au Lycée technique.
Même son de cloche chez Mlle Moumouni Manshoura, en classe de seconde CD au lycée moderne. Elle dit savoir que désormais, il faut dénoncer à l’administration éducative ou au numéro vert 8250 les attouchements sexuels, les abus et harcèlements sexuels, les tapotements sur les fesses, les paroles blessantes, etc.
ATOP/MEK/KYA






