
Lomé, 22 oct. (ATOP) – Le Togo connaît depuis plusieurs décennies une baisse continue de la fécondité. Le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer (15-49 ans) est passé de 6,2 en 1988 à 4,8 en 2013, pour atteindre 4,3 selon les estimations du 5ᵉ Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH, 2022). Ces chiffres, tirés du Rapport sur l’État de la population mondiale 2025 intitulé « La véritable crise de la fécondité : la quête du libre arbitre en matière de procréation dans un monde en mutation », traduisent une profonde transformation sociale.
Selon ce rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), cette évolution n’est pas uniquement liée aux politiques de planification familiale, mais également à des contraintes économiques et sociales croissantes. De nombreux Togolais interrogés estiment que les difficultés financières constituent un frein majeur à la réalisation de leurs souhaits en matière de parentalité.
« La plupart des jeunes souhaitent en réalité fonder une famille et avoir des enfants, mais se heurtent à de multiples obstacles : chômage, insécurité de l’emploi, manque de logement, problèmes de santé, recul des droits des femmes, conflits internationaux ou encore inquiétudes face au changement climatique », a expliqué M. Kanazogo Mensah, chargé de programme « Population et développement » à l’UNFPA-Togo.
Le rapport indique par ailleurs que le pays se trouve dans une phase naturelle de transition démographique, marquée par une baisse progressive du taux de fécondité. Toutefois, 34 % des femmes ont encore des besoins non satisfaits en matière de contraception moderne, et seules 24 % utilisent des méthodes modernes de régulation des naissances.
Accompagner les jeunes dans leur projet de vie
Pour l’UNFPA, répondre à cette « crise du libre arbitre procréatif » passe par un soutien accru aux jeunes. « Il faut les aider dans leur transition vers l’âge adulte en leur garantissant des emplois décents, des revenus stables et des logements accessibles », recommande M. Mensah.
L’accès à des informations fiables et à des services de santé sexuelle et reproductive adaptés demeure également essentiel pour permettre aux jeunes Togolais de faire des choix éclairés sur leur avenir familial.
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