
Tsévié, 29 mai (ATOP) – Un atelier d’échanges sur la présomption d’innocence et la détention préventive a réuni, le vendredi 29 mai à Tsévié, des magistrats, des officiers de police judiciaire et des surveillants de l’administration pénitentiaire.
La rencontre est organisée par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) en sa qualité de Mécanisme national de prévention de la torture (MNP). Elle se situe dans le cadre de la commémoration en différée de la journée africaine de la détention préventive célébrée le 25 avril de chaque année.
L’atelier vise à identifier et à adopter des stratégies de réduction de la détention préventive au Togo. Il s’est agi de trouver des mécanismes pour réduire l’usage parfois excessif de la détention préventive afin de limiter la surpopulation carcérale des prisons au Togo.

Les participants ont suivi des communications sur la CNDH et ses missions, la présomption d’innocence et la détention préventive puis le recueil des stratégies de réduction de la détention préventive.
Le commissaire à la CNDH, Mme Attitso Afi Jacqueline a expliqué que la détention préventive répond à des impératifs légitimes de procédures pénales, notamment celles de préserver les preuves, d’éviter les pressions sur les témoins, de prévenir des risques de fuite ou encore de protéger l’ordre public. « Toute personne poursuivie par la justice bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucune décision définitive de condamnation n’a été prononcée à son encontre. Dès lors, le recours systématique ou prolongé à la détention préventive peut constituer une atteinte grave au droit à un procès équitable, à la liberté individuelle et à la dignité humaine », a-t-elle confié. Mme Attitso a relevé que les acteurs du système judiciaire sont les gardiens des libertés individuelles et les garants de l’équilibre entre les nécessités de l’enquête et le respect de la dignité humaine. « Chaque décision de placement ou de maintien en détention engage non seulement la crédibilité de notre justice, mais aussi la vie, l’honneur et l’avenir d’un être humain », dit-elle. Et d’ajouter que la surpopulation carcérale que connaissent les établissements pénitentiaires trouve souvent son origine dans le recours excessif à la détention préventive.
La commissaire à la CNDH a salué les efforts déjà consentis par les autorités judiciaires pour améliorer les délais de traitement des dossiers et renforcer les garanties procédurales. Pour elle, il est essentiel de promouvoir une culture judiciaire fondée sur l’exceptionnalité de la détention préventive. Cela implique notamment, affirme-t-elle, le respect strict des délais légaux et l’accélération du traitement des procédures.
Le deuxième vice-président de la CNDH, chargé de la sous-commission prévention de la torture, Gnambi Garba Kodjo et le président du tribunal d’instance à compétence correctionnelle et civile de Tsévié, le magistrat Batchowang Kouméa-Abalo ont assisté à l’activité.
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