
Lomé, 12 juin (ATOP) – Au premier jour des travaux de la 2ème édition des BOAD Development Days, un panel a été consacré au thème : « Financement : lever les verrous de la chaîne de valeur immobilière, du crédit promoteur au refinancement hypothécaire ».
Ce panel a réuni Mme Yedau Ogoundele, directrice générale d’Afinhab, ex-CRRH-UEMOA (Caisse régionale de refinancement hypothécaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine), Mme Astou Rose Gaye, directrice générale de la Banque de l’habitat du Sénégal (BHS), M. Siriki Sangaré, président de la Fédération des promoteurs immobiliers d’Afrique de l’Ouest (FPIAO), ainsi que M. Léonce Yacé, directeur général de NSIA Holding Financière.
Selon le modérateur du panel, José Didier Tonato, ancien ministre du Cadre de vie et des Transports de la République du Bénin, « ce panel ambitionne de discuter des pistes de solutions permettant de débloquer et de dynamiser l’ensemble de la chaîne de financement, depuis la construction jusqu’à l’acquisition finale des logements, en identifiant les principaux leviers d’action ».
Au cours des échanges, les panelistes ont mis en lumière plusieurs contraintes majeures qui entravent le développement du secteur immobilier. Il s’agit notamment de l’absence ou de la faiblesse du crédit, de l’insécurité foncière, de la courte durée des ressources bancaires, des taux d’intérêt élevés et de la faible solvabilité de certains ménages. À ces difficultés s’ajoutent le déficit de garanties, les insuffisances dans la structuration du financement de l’écosystème immobilier, les limites des banques commerciales, ainsi que les questions liées au rôle de l’État et à la garantie hypothécaire.
« Nous sommes dans un secteur d’activité réglementé. Une réglementation encadre nos activités, mais elle n’est pas toujours bien connue de ceux qui sollicitent les banques. Il convient également de s’interroger sur le point de savoir si la réglementation applicable aux banques commerciales dans la zone UEMOA favorise réellement l’atteinte des objectifs assignés par les gouvernants en matière d’habitat, de financement des PME, ainsi que des secteurs de l’éducation, de la santé et des infrastructures », s’est interrogé le directeur général de NSIA Holding Financière.
Pour lui, « il existe un certain nombre de freins qui font que, même lorsque les banques ont l’ambition et la volonté d’intervenir davantage dans le secteur immobilier, elles ne peuvent pas aller aussi loin que le souhaiteraient les promoteurs. Le premier défi est donc un défi réglementaire ».
Face à ces constats, les intervenants ont plaidé pour une révision du cadre réglementaire, avec un accent particulier sur les ratios prudentiels qui régissent actuellement l’activité bancaire dans l’espace UEMOA. Ils ont également préconisé une mutualisation des efforts entre les différents acteurs de l’écosystème.
« Lorsqu’un programme est mis en place, les différents acteurs, notamment la banque de développement, l’investisseur, la banque commerciale, le promoteur et l’État, doivent se réunir afin de définir clairement les rôles et les responsabilités de chacun », ont-ils suggéré.
La chaîne de valeur immobilière comprend notamment le foncier, le financement, la promotion immobilière, la construction ainsi que l’acquisition des logements. Son dynamisme apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour favoriser l’accès à un habitat durable et abordable dans la sous-région.
Ce vendredi, les travaux se poursuivent avec un second panel : « Énergie et performance du bâtiment : vers un label UEMOA pour l’habitat durable ».
ATOP/AJA/DHK






