
Sokodé, 2 jan. (ATOP) – Les acteurs locaux de Tchaoudjo ont été conviés, le mardi 30 décembre à Sokodé, à une soirée de projection du film « Les Antilles empoisonnées : la banane et le chlordécone ».
La projection a été organisée par la Région Grand Est, à travers son opérateur Gescod au Togo, en partenariat avec le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) et l’Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local (OADEL). L’activité s’inscrit dans le cadre de l’édition 2025 du festival « ALIMENTERRE ». Elle a reçu l’appui de la Région Grand Est et du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères. L’objectif est d’attirer l’attention de la population sur les dangers de l’utilisation des pesticides afin de protéger la vie humaine.
Le documentaire met en lumière les conséquences sanitaires, environnementales et sociales de l’usage du chlordécone dans les bananeraies des Antilles, un sujet qui résonne fortement avec les réalités agricoles du Togo.
La projection a été suivie d’un débat avec des personnes ressources et des échanges avec le public sur la question de l’utilisation des pesticides et leurs impacts multiples au Togo. Ces discussions ont permis de fournir une compréhension critique et actualisée des enjeux liés à l’utilisation des pesticides dans les systèmes agricoles au Togo, en lien avec la santé publique, la durabilité environnementale et la souveraineté alimentaire. Elles ont fait émerger des pistes de réflexion pour une agriculture togolaise plus saine, durable et au service de la vie.


Les panélistes et les autres intervenants ont mis en évidence les conséquences sanitaires et environnementales de l’utilisation du chlordécone et d’autres pesticides, à travers les leçons tirées du documentaire et leur résonance avec le contexte togolais. Les alternatives locales et durables : agroécologie, biofertilisants, gestion intégrée des ravageurs, et autres pratiques permettant de concilier productivité, santé et protection de l’environnement ont été mis en exergue. Les participants ont échangé sur le rôle des acteurs publics et privés dans la régulation des pesticides, la sensibilisation des producteurs et la promotion de solutions respectueuses de la santé humaine. Ils ont relevé la responsabilité collective (producteurs, consommateurs, décideurs, chercheurs) dans la transition vers une agriculture saine et durable au service de la souveraineté alimentaire.
Opérer le bon choix alimentaire pour la santé
Le responsable de Gescod-Togo, Fousséni Hasmiyou a souligné que, certes les pesticides et les engrais chimiques permettent d’augmenter temporairement les rendements, mais elles empoisonnent les sols, dégradent l’environnement et menacent directement la santé des producteurs et des consommateurs. Pire encore, il est constaté, selon lui, que les pesticides prescrits pour le traitement de certaines cultures d’exportation comme le coton sont utilisés dans la production vivrière ou le stockage de céréales augmentant ainsi les risques sanitaires. Raison pour laquelle, dit-il, la Région Grand Est et ses partenaires ont projeté ce film pour conscientiser les producteurs à adopter l’agroécologie et les consommateurs à en privilégier les produits locaux pour leur santé.
Les panélistes étaient composés du directeur du Centre Intégré de Production Verte (CIProV), Daouda Ouronilé Adam, des représentants du Réseau des Jeunes Producteurs et Professionnels Agricoles du Togo (REJEPPAT), de la ferme « Albarka », (Certifié SPG BIO) et de la DRAPRASA, responsable de la mise en œuvre des réglementations et du contrôle des pesticides. Les débats ont été modérés par le directeur exécutif de l’OADEL, Tata Amétonyenou.
« Cette projection nous a permis de prendre conscience que notre alimentation comporte un danger surtout avec l’utilisation massive des pesticides qui causent beaucoup de maladies y compris l’obésité et le diabète. Il nous revient, en tant que consommateurs, d’opérer le bon choix alimentaire et d’encourager les producteurs agroécologiques en achetant leurs produits », a déclaré une participante.
La soirée a pris fin par la dégustation des produits locaux.
ATOP/MEK/SED






