
Par Daniel HOUKPATI
Les Togolais se préparent à commémorer sur l’ensemble du territoire le 66ᵉ anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté internationale le 27 avril 2026. A l’approche de cette date, les populations se bousculent pour vivre cet énième évènement, qui leur rappelle le courage et la détermination de leurs aïeux face aux vents des indépendances des années 60. Dans cette fièvre de célébration nationale, l’Agence togolaise de presse (ATOP) se propose de faire découvrir à ses abonnés et à ses lecteurs la carte postale du District autonome du Grand Lomé (DAGL), où vont se dérouler les festivités officielles de l’indépendance du Togo.
Le District autonome du Grand Lomé est une entité territoriale, dotée de personnalité morale et d’autonomie financière. Première communauté de communes dans l’histoire du pays depuis l’effectivité de la décentralisation, le DAGL ou le Grand Lomé a pour ambition de renforcer l’attractivité et la compétitivité de la ville capitale et de sa périphérie.
Caractéristiques géographiques
D’une superficie de 425,6 km², le Grand Lomé comprend les préfectures du Golfe et d’Agoè-Nyivé avec treize (13) communes : Baguida, Aflao-Sagbado, Aflao-Gakli, Amoutiévé, Bè Ouest, Bè Centre, Bè-Est, Agoè-Nyivé, Adétikopé, Togblekopé, Vakpossito, Légbassito et Sanguera. Ville la plus peuplée du Togo, le Grand Lomé compte 2.188.376 habitants d’après le cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH5), effectué en 2023, dont 1.127.872 femmes, alors qu’elle était de 1.571.508 habitants en 2010 (RGPH4).
Cette région est territorialement limitée par l’océan Atlantique au Sud, la frontière d’Aflao-Ghana et la préfecture de l’Avé à l’Ouest ; les préfectures de Zio et des Lacs respectivement au Nord et à l’Est. La zone est fortement marquée par le système lagunaire. Le tissu urbain est inégalement réparti avec des densités comprises entre 1307 hbts/km² et 357 hbts/km². Le climat est subéquatorial avec des précipitations moyennes de 864 mm/an et une température moyenne de 27.4°C.
Le peuplement
La population du Grand Lomé, estimée à plus de 2,18 millions d’habitants en 2023, est caractérisée par une grande diversité ethnique, reflétant son rôle de carrefour migratoire et économique. Bien qu’elle soit située dans une zone à prédominance Ewé, cette région attire des populations de tout le Togo et de la sous-région. Les principaux groupes ethniques présents sont, entre autres : les Ewé et les Mina qui sont les groupes autochtones ou majoritaires dans le sud du Togo. Ils représentent la part la plus importante de la population de cette partie du pays. Les Kabyè, originaires du nord du Togo, constituent une part significative de la population urbaine du Grand Lomé. Ils s’y sont installés dans le cadre de la migration interne. Dans les autres groupes ethniques, on y trouve une présence remarquable aussi des Tem (Kotokoli), des Moba, et des communautés du centre comme les Akposso etc.
Le Grand Lomé abrite également des populations de la sous-région, une communauté immigrée, notamment en provenance du Ghana (Guins, Fanti), du Bénin, du Nigeria, des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ainsi qu’une petite communauté libanaise et européenne.
Ainsi, selon le RGPH5, le Grand Lomé concentre environ 24 % de la population totale du Togo. Il est marqué par un brassage culturel, où les mariages interethniques sont courants, favorisant une identité togolaise métissée.
La culture
Face à l’urbanisation et à la diversité culturelle, le Grand Lomé mêle la tradition avec l’animisme (comme le marché des féticheurs à Akodésséwa) et les religions importées (christianisme, islam, etc.). Il constitue une identité urbaine togolaise par excellence. En représentant le Togo dans son ensemble, le Grand Lomé agit comme catalyseur de la participation des citoyens au développement sur tous les plans. Le brassage culturel est total dans cette région. Presque toutes les ethnies y vivent, confirmant la présence de toutes les cultures qui favorisent le vivre-ensemble et la cohésion sociale.
La fête traditionnelle commémorée dans cette zone « Dunenyo Za » vise à célébrer l’histoire et les traditions des peuples qui sont à l’origine de la fondation de la ville de Lomé au 17ᵉ siècle. Le but principal est de rassembler les descendants des fondateurs de Lomé, et de réaffirmer leurs valeurs communes en réfléchissant sur les enjeux de développement.
Le musée national, sis au Palais des Congrès de Lomé, à vocation culturelle et pédagogique, est implanté dans un vaste hall d’exposition de près de 200 m². Ouvert en 1974, il abrite les expositions des vestiges historiques, des objets ethnographiques des peuples du Togo, des documents et photographies des premiers contacts du Togo avec l’Europe, de la colonisation, de la lutte pour l’indépendance et des chefs d’Etats du Togo indépendant.
Le musée national abrite une collection réduite d’objets ethnographiques et historiques qui illustrent la culture togolaise dans son ensemble. La première salle expose divers outils, statues et bijoux, tandis que la seconde salle, en contrebas, retrace l’histoire des colonies, les luttes pour les frontières et l’indépendance du pays. Il est fondé en 1950 à partir de ressources documentaires et d’artefacts provenant du musée Kponton et a été officiellement inauguré en 1974.
Artiste plasticien pionnier du Togo, Paul Ahyi (1930-2010) est l’auteur du drapeau togolais et du monument commémoratif de l’indépendance nationale. Il est réputé pour ses œuvres monumentales, dont plusieurs peuvent être admirées au détour des rues du Grand Lomé.
Le musée international du golfe de Guinée, souvent désigné sous le nom de musée international de Lomé, est une institution culturelle implantée dans la capitale Lomé. Ce musée occupe une place essentielle dans la préservation et l’exposition du vaste patrimoine artistique et culturel de la région du golfe de Guinée, englobant non seulement le Togo, mais aussi d’autres pays limitrophes tels que le Bénin, le Ghana et le Nigeria.
En perpétuelle évolution, le Grand Lomé est influencé par son port et son grand marché, attirant des populations de diverses origines.
Des infrastructures territoriales modernisées
Les relations intra-urbaines sont assurées par un réseau de voiries secondaires aménagées. Toutes les routes nationales et internationales du pays aboutissent au Grand Lomé. On distingue ainsi plusieurs axes primaires (grand contournement, le boulevard circulaire, axe transfrontalier Bénin-Togo-Ghana, les nationales N°1, 2, 3 etc.), de voies secondaires et tertiaires à majorité non bitumées (majoritaire à la périphérie). (Le réseau routier au Togo se structure autour de voies primaires (nationales) et d’un réseau secondaire et tertiaire. Les voies tertiaires sont majoritairement des routes non bitumées, souvent en terre, et constituent les dessertes locales au sein des quartiers.
Les pôles d’activités considérés avant comme « secondaires » et les pôles péri-urbains gagnent en influence. Développés à partir de centralités rurales (Sanguera, Légbassito, Sagbado) ou autour d’équipements sociaux de base (équipements sociaux éducatifs, marchés Adidogomé Golfe 7) et de petites concentrations d’activités (Limousine Golfe 4) en absence d’un plan d’aménagement en amont, ils posent aujourd’hui les problèmes de structuration et d’aménagement.
Pôles majeurs et zones industrielles
Les pôles majeurs d’activités sont plus ou moins étendus autour d’infrastructures. On en distingue plusieurs : le centre administratif et commercial du sud de la lagune, le Port autonome de Lomé (PAL) et sa zone industrielle, l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIGE) de Lomé, et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), la zone commerciale de Hédzranawoé, et Agoè-Nyivé centre.
Le Grand Lomé dispose d’un grand port en eau profonde. Il participe au dynamisme de la façade maritime du golfe de Guinée. Cette zone accueille des terminaux pour les navires porte-conteneurs, des entrepôts, de nombreuses activités industrielles et un port de pêche. Cette partie du territoire dispose aussi d’un aéroport international et d’un hub, autour duquel gravitent des unités industrielles, administratives et commerciales (Foire Togo 2000 CETEF).
L’industrialisation de Lomé et de ses environs connaît une accélération marquée par la modernisation du port, le développement de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) et la déconcentration vers de nouvelles zones, comme Agbélouvé (65 km au nord). Ce dynamisme est soutenu par l’agro-industrie, le textile et la transformation de matériaux locaux, visant une meilleure intégration dans les chaînes de valeur.
La Plateforme industrielle d’Adétikopé est un hub majeur spécialisé dans la transformation locale (coton, agro-industrie) et l’exportation. La PIA favorise une intégration verticale de la production.
Grand Lomé, capitale politique
Centre politique et administratif du pays, le Grand Lomé abrite toutes les structures étatiques, dont plusieurs infrastructures politiques d’envergure nationale (la Présidence du Conseil et celle de la République, le siège de l’Assemblée nationale et du Sénat etc.). On y retrouve également le siège de nombreuses institutions nationales et internationales (BOAD, BIDC, BRAO, Ecobank, etc). Il est une ville historique, disposant de nombreux vestiges qui témoignent de sa richesse culturelle et architecturale.
Des zones agricoles en disparition
A cause de la pression foncière, les terres agricoles se raréfient. A part quelques communes périurbaines telles que les communes Golfe 6 et 7, et les communes Agoè-Nyivé 2, 5 et 6, où subsistent quelques cultures, l’agriculture dans le Grand Lomé se limite au maraîchage Le territoire est fortement dépendant de l’hinterland national et du commerce.






