
Par BODJONA Bassanta Gabriel
La recrudescence des phénomènes météorologiques extrêmes (inondations et sécheresses) sur les populations exigent aujourd’hui, des services météorologiques et hydrologiques. Une large diffusion des prévisions et informations sur les médias permet aux systèmes d’alertes précoces, au gouvernement et au grand public de prendre des mesures préventives qui s’imposent pour éviter les conséquences néfastes surtout pour les communautés exposées et vulnérables aux risques de catastrophes liés aux aléas climatiques.
La communication d’avertissements basés sur l’impact hydrométéorologique aux communautés vulnérables et des mesures d’action précoces devient de plus en plus nécessaire.
L’une des activités proposées et approuvées par les partenaires financiers est d’améliorer la diffusion des informations d’alerte à travers les médias nationaux et locaux (journaux télévisés, radio, presse écrite etc.). C’est dans cette optique que l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET) du Togo a organisé, dans le cadre de la mise en œuvre du projet de gestion des inondations et de la sécheresse dans le bassin de la Volta (VFDM), des sessions de formation à l’intention des médias aux niveaux national (Lomé) et local (Dapaong) pour améliorer leur compréhension des bulletins d’avis ou d’avertissement météorologiques et hydrologiques quotidiens. Cette activité permet aux professionnels des médias de faire une large diffusion en temps réel, des informations en matière d’inondation et de sécheresse auprès des populations locales dans un langage clair et facile afin que celles-ci puissent prendre des mesures qui s’imposent pour réduire les effets néfastes de ces aléas météorologiques.
Rôle des professionnels des médias dans le système d’alerte précoce
Les professionnels des médias ont un rôle primordial à jouer dans le système d’alerte précoce lié à l’inondation et à la sécheresse. D’abord la diffusion rapide de l’information pour alerter le plus tôt que possible les populations. Selon la cheffe division Prévention à l’Agence nationale de la protection civile (ANPC), Dr. Aleza Koutchoukalo, les professionnels des médias ont la responsabilité d’être les premiers à relayer les alertes et les informations cruciales émises par les autorités compétentes concernant les catastrophes naturelles imminentes. Cela permet aux populations, dit-elle, de prendre des dispositions pour minimiser leurs impacts. Pour le faire, poursuit Mme Aleza, il faut une communication claire et compréhensible et surtout en langue locale pour permettre à tous et à toutes de cerner le message. « Les professionnels des médias doivent traduire les informations techniques provenant des experts et des autorités en un langage accessible au grand public. Il est essentiel de fournir des informations claires, précises et compréhensibles pour aider les gens à comprendre les risques et à prendre des mesures appropriées », a-t-elle poursuivi.
Pour le conseiller en communication à l’ANAMET, Kénanou Issifou, il est urgent pour les journalistes de vérifier les informations, de s’assurer de leur véracité avant toute diffusion, car ils risquent d’induire les populations en erreur. Au lieu de leur procurer du bien, on leur cause plutôt du tort. « La diffusion d’informations erronées peut semer la panique et aggraver la situation. La vérification des faits est donc essentielle pour garantir la crédibilité des informations diffusée, ce qui évite des mésinformations et des désinformations », a précisé M. Issifou.
Les avantages des informations hydrométéorologiques et climatiques pour le monde agricole
Les services climatologiques et climatiques revêtent une importance cruciale pour le développement durable et l’adaptation au changement climatique. Les avantages qu’ils procurent compensent largement leur coût. Pour le directeur général de la météorologie du Togo, Dr. Latifou Issaou, « il est avéré que les informations sur le climat et les services correspondant ont des retombées positives sur l’agriculture et la sécurité alimentaire et que les diverses parties prenantes en tirent des bénéfices ». Dr. Latifou relève que chaque temps que la saison pluvieuse veut commencer, les populations rurales sont intentionnées, elles essaient de demander à quand faut-il mettre les graines en terre pour pouvoir attendre une bonne production? Il explique que c’est dans ce sens que l’ANAMET essaie de pouvoir mettre à la disposition des populations rurales surtout les dates précises des semailles pour pouvoir attendre un bon rendement.
L’ANAMET donne aussi des orientations par rapport au cumul de pluie. « Est- ce que la saison sera bonne ? Est-ce qu’il y aura assez de pluies ? Est-ce qu’il y aura assez de séquences sèches ? Ce que nous appelons les pauses de pluies en période de la grande saison pluvieuse. Est-ce que ces pauses vont affecter les cultures ? Donc toutes ces orientations, toutes ces informations, l’agriculteur ou l’agricultrice a besoin de cela pour pouvoir avoir un très bon rendement », a expliqué le directeur général de la météorologie du Togo.
Dr. Latifou a conclu que l’amélioration du processus de décision grâce aux services climatologiques engendre des bénéfices accrus pour les agriculteurs d’où la nécessité d’aider les journalistes à améliorer la diffusion des informations hydrométéorologiques et climatiques pour pouvoir les passer au niveau des populations rurales.
Même appréciation chez M. Etoh Salomon, hydrologue à la Direction des ressources en eau (DRE) à Lomé pour qui « les prévisions hydrométéorologiques sont essentielles pour aider les agriculteurs à mieux planifier leurs activités agricoles en conséquence ».
En somme, les informations hydrométéorologiques sont importantes et indispensables pour aider au mieux les populations à la résilience aux effets néfastes des changements climatiques surtout les inondations et la sécheresse dans le bassin de la Volta. A cet égard, les services météorologiques et hydrologiques entendent jouer pleinement leur rôle de veille hydrométéorologique dans la prévention contre ces phénomènes climatiques, et être des partenaires privilégiés dans la fourniture des informations hydrométéorologiques fiables et de bonne qualité.






