
Lomé, 23 déc. (ATOP) – Le budget de l’Etat, voté le vendredi 22 décembre, par les députés à Lomé, lors de la 4è séance plénière de la 2è session ordinaire de l’année, s’équilibre en recettes et en dépenses à 2179, 125 milliards de francs CFA. Ce budget a connu une hausse de 10,3%, par rapport à celui de 2023, qui est de 1975,542 milliards.
Le budget a été adopté à l’unanimité des députés, sous la direction de la présidente de l’Assemblée nationale, Mme Yawa Djigbodi Tsègan. La séance plénière a connu la présence du ministre de l’Economie et des Finances, Sani Yaya et le secrétaire général du gouvernement, Christian Trimua.
Que dit l’exposé des motifs du projet de loi de finances exercice 2024
Le projet de loi de finance exercice 2024 tient compte des priorités du gouvernement en matière de développement économique et social, notamment les mesures de soutien aux couches les plus vulnérables. A travers ce projet, le gouvernement entend poursuivre les actions de lutte contre la flambée des prix en vue de renforcer la résilience de la population face aux effets de la crise russo-ukrainienne et le conflit israélo-palestinien. En outre, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre des réformes structurelles visant la stabilité du cadre macro-économique. Aussi dans la recherche de l’efficacité et de l’efficience des allocations budgétaires, le gouvernement entend poursuivre le renforcement de l’application de la budgétisation axée sur les résultats.
L’exposé des motifs proposé par le gouvernement était projeté à 2.166,1 milliards de francs CFA en ressources et en charges contre 1.975,5 milliards de francs CFA dans la loi de finances rectificative 2023, soit une hausse de 9,6%. Après examen en commission, les députés ont jugé d’une augmentation du montant des prévisions du budget initial. Il s’élève désormais à 2179, 125 milliards de francs CFA.
Ce budget s’articule autour de trois parties. Il s’agit de l’environnement économique international, régional et national ; les grandes orientations budgétaires et les grandes masses du budget 2024.
Les grandes orientations budgétaires
Pour le budget 2024, les priorités du gouvernement sont axées sur la poursuite, entre autres, de l’exécution des projets et programmes de la feuille de route gouvernementale ; du soutien à la résilience de l’économie et aux couches les plus vulnérables et de la défense de l’intégrité du territoire national et la consolidation de la paix ainsi que le financement des élections législatives et régionales. Les orientations budgétaires portent aussi sur les mesures fiscales et non fiscales en matière de mobilisation de recettes, les ressources de trésoreries ainsi que le financement des dépenses.
En vue de poursuivre et de renforcer les actions visant le bien-être des populations, le projet de budget consacre un montant de 669,2 milliards FCFA aux secteurs sociaux, soit 48% des crédits budgétaires alloués aux ministères et institutions, contre 44% en 2023. Ce projet de budget finance les actions prioritaires, entre autres, dans le secteur de la santé, les travaux publics, du secteur agricole et de l’économie numérique ainsi que dans le domaine des mines et de l’énergie.
Analyse des grandes masses du budget 2024
Les recettes budgétaires, les dépenses budgétaires, le solde budgétaire, les ressources de trésorerie et les charges de trésorerie représentent les grandes masses du budget 2024. Les recettes budgétaires enregistrent une augmentation de 75 milliards FCFA pour s’établir à 1.279,1 milliards FCFA contre 1.204,1 milliards FCFA en 2023, soit une hausse de 6,2%. Les dépenses budgétaires sont passées de 1.572,3 milliards FCFA en 2023 à 1.623,3 milliards en 2024, en hausse de 3,2%. Les opérations budgétaires dégagent un solde (dons compris) déficitaire de 344,2 milliards FCFA, représentant 5,6% du PIB contre 6,6% en 2023. Les ressources de trésoreries enregistrent une hausse de 15,1%, passant de 767milliards FCFA en 2023 à 882,9 milliards FCFA en 2024 et les charges de trésorerie connaissent une hausse de 35,1% en 2024, en effet de 398,8 milliards FCFA en 2023, elles seraient de 538,6 milliards FCFA en 2024.
La présidente de l’Assemblée nationale, Mme Yawa Djigbodi Tsègan a indiqué que ce budget est le résultat d’une méthode, d’une concertation, d’une responsabilité qui pouvait se résumer en cette formule «investir dans l’avenir». Selon elle, «investir dans l’avenir», c’est d’abord préserver la croissance économique du Togo dans un contexte international bouleversé, et un environnement économique, régional, incertain. « Le Togo poursuit ainsi résolument et efficacement, sa politique d’assainissement de finances publiques ayant permis d’atteindre un budget en hausse de 10,3% par rapport à l’année précédente. Cette projection et cette progression de la croissance économique, vise à répondre davantage, aux défis sociaux, avec la poursuite des actions d’amélioration, de l’inclusion et de l’égalité sociale », a-t-elle exprimé. La présidente Tsègan a relevé que plus de 48%, des crédits budgétaires de l’année 2024 sont alloués aux ministères et institutions, chargés de poursuivre les actions de bien-être des populations et de sécurité socio-économique des plus vulnérables.
« Investir dans l’avenir», poursuit-elle, c’est aussi accroître la persévérance et la réussite académique. Elle a affirmé que s’agissant du secteur de l’éducation, « nous notons particulièrement que les dispositions envisagées permettront de doter les établissements et centres de formations d’outils nécessaires à l’apprentissage et à l’épanouissement des apprenants. Ainsi les investissements prévus pour améliorer la qualité de l’éducation corresponde à 17 % du budget de l’année 2024 montrant ainsi toute l’attention du chef de l’Etat dans ce secteur ». Mme Tsègan a indiqué que le Togo s’engage à consacrer 8,1% du budget 2024 couvrant le réseau de santé plus performant afin d’offrir des services publics de qualité à toutes les couches sociales.
«Investir dans l’avenir», ajoute-t-elle, c’est préserver le climat de paix et de sécurité propices au développement des activités socio-économique. Pour le secteur de la sécurité, le Togo alloue 10,6 du budget. Elle a réitéré sa gratitude au chef de l’Etat pour son abnégation et son engagement permanent dans la recherche du bien-être de tout.
Le ministre Sani Yaya a relevé que les orientations budgétaires au titre de 2024 visent à assurer l’accroissement des recettes à travers l’élargissement de l’aspect fiscal, la maîtrise des charges de fonctionnement afin de dégager des marges budgétaires au profit des investissements structurant des dépenses sociales et des dépenses sécuritaires. Il a signifié que ces orientations qui prévoient la consolidation budgétaire à l’horizon 2025, sera mise en œuvre à travers la poursuite des réformes en matière de gestion des finances publiques en faveur de climat des affaires et pour améliorer la mutation financière du Togo. Le ministre a indiqué que ce budget est aligné sur les priorités du gouvernement en lien avec l’exécution des projets et programmes de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 répondant ainsi aux aspirations profondes des populations en matière de santé, d’éducation, d’inclusion sociale et financière. Il a aussi fait cas de l’opérationnalisation de l’assurance maladie universelle dès janvier 2024 à travers la réhabilitation des CHU campus et de Kara, l’équipement des soins de santé et la construction de nouveaux centres de santé.
ATOP/SED/KYA






