
Lomé, 19 mai (ATOP) – Un panel axé sous le thème « Agriculture, commerce et résilience : assurer l’avenir alimentaire de l’Afrique dans un monde fragmenté » s’est tenu le mardi 19 mai au Palais des Congrès de Lomé. Les experts ont plaidé pour une transformation profonde de l’agriculture plus intégrée et compétitive afin de garantir la sécurité alimentaire du continent et de renforcer le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La rencontre, organisée dans le cadre du forum Biashara Africa 2026, vise à examiner comment l’Afrique peut mieux se nourrir elle-même tout en développant les échanges agricoles entre ses Etats membres, malgré les perturbations géopolitiques, climatiques et économiques mondiales. Au cours des discussions, les panélistes ont fait savoir que l’agriculture doit devenir l’un des principaux moteurs de la transformation économique du continent. Ils ont estimé que la ZLECAf constitue un cadre stratégique pour bâtir un marché agricole africain intégré, capable de nourrir les populations, de créer des emplois et de renforcer la résilience économique de l’Afrique face aux chocs extérieurs.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie du Rwanda, Prudence Sebahizi, a souligné que l’agriculture constitue un secteur stratégique pour la souveraineté alimentaire et la stabilité économique de l’Afrique. La ZLECAf offre une occasion unique de structurer des chaînes de valeur régionales, de stimuler les investissements et de créer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, a-t-il souligné.
Le directeur de la Facilitation des échanges et de la Promotion des investissements à Afreximbank, Gainmore Zanamwe, a insisté sur la nécessité de lever les obstacles au financement du commerce agricole. Il a indiqué que son institution met en place des mécanismes financiers pour soutenir les exportateurs africains, renforcer les infrastructures de stockage et faciliter l’accès des producteurs aux marchés régionaux.
Le conseiller principal pour l’agriculture au Secrétariat de la ZLECAf, Komla Bissi, a indiqué que plus de 214 000 jeunes et femmes bénéficieront de programmes de développement des chaînes de valeur agricoles à travers le continent. Ces initiatives, relève-t-il, concernent notamment les secteurs agricoles au Zimbabwe et la filière cacao au Ghana. Selon lui, les actions engagées visent également à améliorer l’accès au financement, à renforcer les partenariats public-privé, à intégrer les transports et la logistique dans les stratégies agricoles, ainsi qu’à consolider la coordination entre les ministères, les institutions financières et les partenaires de développement.
Le représentant adjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture au Togo, Dr Djiwa Oyetounde, a souligné que la sécurité alimentaire en Afrique dépend d’une meilleure intégration entre agriculture, commerce, transport et énergie. « Le continent produit environ 30 millions de tonnes d’engrais, mais les pays d’Afrique subsaharienne importent encore 90 % de leurs besoins hors du continent. Au Togo, la production de riz est passée de 85 000 tonnes en 2010 à près de 200 000 tonnes aujourd’hui, avec un objectif d’un million de tonnes d’ici 2030 pour réduire les importations », a -t-il affirmé. La FAO accompagne cette ambition à travers des investissements dans la mécanisation, la maîtrise de l’eau, la digitalisation et l’innovation agricole, précise-t-il.
Le directeur du commerce de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Kolawole Sofola, a insisté sur l’harmonisation des politiques commerciales et sanitaires au sein de la région ouest-africaine. Il a estimé que la suppression des barrières non tarifaires et l’amélioration des corridors logistiques permettront de fluidifier les échanges agricoles et de renforcer la compétitivité des produits africains.
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