
Lomé, 20 mai (ATOP) – Un panel consacré au « Dialogue sur le leadership du secteur privé : Des engagements au commerce – mobiliser le secteur privé africain pour concrétiser la ZLECAf », a mis en lumière, le mercredi 20 mai à Lomé, le rôle déterminant des Petites et moyennes entreprises (PME) africaines dans la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en appelant à convertir les engagements politiques en flux commerciaux réels entre les pays du continent.
La rencontre s’inscrit dans le cadre du forum Biashara Afrika 2026. Elle a permis d’examiner les principaux leviers permettant aux sociétés africaines de tirer pleinement profit du marché continental commun instauré par la ZLECAf. Les discussions ont porté sur les défis liés à la compétitivité des entreprises, à la fluidité des échanges, au financement des investissements. Les panélistes ont souligné que la concrétisation de ces ambitions passe par une coopération étroite entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques, ainsi que par un engagement accru des entreprises à investir dans la production et la transformation locale.

Benedicta Lassi, présidente-directrice générale d’Africa Trade Summit, a plaidé pour une transformation structurelle des économies africaines fondée sur l’industrialisation, l’innovation et la valorisation locale des ressources naturelles stratégiques telles que le cobalt, le cuivre, le manganèse et l’uranium. Elle a estimé que l’Afrique doit mobiliser jusqu’à 2.500 milliards de dollars d’investissements par an au cours de la prochaine décennie pour répondre aux défis du chômage, de la transition énergétique et du changement climatique. « Le continent doit cesser d’être un simple marché d’exportation de matières premières et saisir les opportunités offertes par la ZLECAf pour bâtir des économies compétitives et prospères », a-t-elle martelé.
La présidente de l’African Private Sector Summit, Lucy Newman, a recommandé une meilleure structuration de la communication autour de la ZLECAf, afin de la présenter aux entreprises comme une véritable opportunité d’affaires plutôt qu’un dispositif technique ou institutionnel. Elle a prôné la création de bureaux nationaux de coordination dotés de ressources humaines pour appuyer le secrétariat de la ZLECAf, ainsi que pour l’adoption d’une classification africaine des secteurs économiques. « La prévisibilité, la logistique, les systèmes de gestion et l’accompagnement des organisations patronales sont essentiels pour attirer les investissements et permettre aux entreprises, notamment les PME, d’accéder au marché continental », a indiqué Mme Newman.
Le vice-président de la Chambre nationale des sociétés commerciales de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Jaouadi Zied, a fait savoir que la Tunisie compte plus de 600 entreprises spécialisées dans le trading international, créées dans le cadre d’une loi de 1984, et ces structures jouent un rôle majeur dans les échanges avec l’Afrique. Le vice-président a mentionné qu’en 2025, la Tunisie a exporté pour environ 530 millions de dollars de produits vers l’Afrique subsaharienne, dont 80 % ont été réalisés par ces sociétés. Il a rappelé que la diversité est la force du continent africain et les sociétés de commerce international sont un outil concret pour transformer cette richesse en échanges mutuellement bénéfiques.
La présidente-directrice générale d’Igire Continental Trading Company, Briggette Harrington, a préconisé que les PME se spécialisent dans un domaine précis et maîtrisent toute la chaîne d’exportation pour tirer parti de la ZLECAf. Elle a insisté sur la nécessité de prendre en compte le conditionnement, la documentation, les certificats, le transport, le financement et la sécurisation des paiements. « Il faut former les PME sur la valeur du produit dans toutes les sous-régions du continent afin que leurs marchandises soient conformes aux normes internationales et prêtes à l’exportation. La concrétisation de la ZLECAf passera par une implication plus forte du secteur privé, soutenue par des politiques publiques adaptées, des instruments financiers innovants et des infrastructures modernes capables de connecter efficacement les marchés du continent », a-t-elle évoqué.
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